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 Give me some of your time, some of your love [Bella]

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Alexander Anderson
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MessageSujet: Give me some of your time, some of your love [Bella]   Jeu 1 Juil - 2:11


A L E X & & B E L L A

Connard. Mon poing s'abattait sur le mur de brique, laissant quelques poussières rougeâtres tomber à terre, alors que la mémé à côté de moi sursautait, apparemment effrayée par mon comportement. Si elle savait. Mes mains étaient inoffensives, tant qu'elles ne plongeaient pas dans mon pantalon ou dans ma chaussure pour y prendre les flingues qui s'y cachaient. Bien sur, légalement, je n'étais pas autorisé au port d'arme. Légalement, oui. Car les miennes ne me quittaient jamais. Comme d'autres avec leur téléphone ou leur iPod, en quelque sorte. Mes grigris à moi étaient moins banals, voilà tout.
Je desserrais le poing avec lenteur, faisant craquer mes jointures dans un bruit d'os craqués peu agréable, alors que j'appréciais la douleur que cela me procurait, se diffusant jusqu'au creux de mon coude. En même temps une pensée, tenace, indélébile, se diffusait dans mon esprit. Il s'était réveillé. Il était sorti de son coma artificiel. Comme si avoir raté la balle en pleine poitrine n'avait pas été une consternation en soi, je m'étais consolé en me disant qu'il ne se réveillait jamais. Foutaises. Je sentais mon cœur s'emballer, mes pensées paralysées par la rage, à demi conscient de mes actes. Si la mémé ne s'était pas enfuie en courant sous mon coup de poing, elle devait sans doute se demander si elle devait appeler la police. Sans doute était-je un évadé d'hôpital psychiatrique à ses yeux. Cela me plaisait. C'était tellement en deçà de la vérité, après tout.

Le bus s'arrêta finalement à notre arrêt, ouvrant ses portes devant ma petite mamie, qui s'empressa de monter à l'intérieur, vite vite, comme si s'éloigner de moi la protégerait. J'hésitais, me disant que de lui faire une frayeur de plus n'était vraiment pas réglo, mais mon téléphone, serré dans ma main non blessée, eut raison de moi, à sa façon. Je grimpais donc à mon tour dans le bus, me glissant aux côtés de mamie avec un léger sourire sadique, avant de ne filer à l'arrière, m'installant sur un inconfortable siège, mettant les pieds sans retenue sur ceux qui me faisaient face. Non sans un léger sursaut de douleur en bougeant les doigts -j'avais vraiment frappé fort, en fait-, je pianotais sur mon téléphone, envoyant un sms.
Annabella. Seule personne que je voulais voir en cet instant, en fait. Mon coeur manqua un battement à sa pensée et je sus donc que mon choix était le bon. Seule elle arriverait à retourner mon esprit des pensées haineuses et criminelles qui le parcouraient. Elle me parlerait de ses cours, de ses amies, de la dernière fête étudiante à laquelle elle avait participé. Peu m'importait, en fait. J'avais juste besoin de sa vie d'étudiante lambda, de me sentir moi aussi un quelconque étudiant l'espace d'une heure ou deux. Être Alex l'étudiant aux côtés de sa belle et non Alexander le tueur prêt à tout par passion pour sa meilleure amie. Oui, un peu de normalité ne me ferait que le plus grand bien.

Message envoyé, réponse positive, trois arrêts de bus, mamie descendant au supermarché du coin, cinq arrêts de plus et l'université face à lui. Sonner l'arrête, attendre que le bus s'arrête, descendre avec rapidité et de précipiter tout autant vers l'entrée principale du bâtiment. J'avais beau préférer l'école buissonnière aux bancs des amphithéâtres, mon sens pointu de l'orientation m'aidait à connaître par cœur le moindre couloir, la moindre porte. En cas de problème, je connaissais la meilleure cachette, la sortie la plus proche. Effrayant, je le savais. Pour cela que je préférais garder ce genre de détails pour moi. Même si cela pourrait se montrer utile en cas de... D'incendie ? Peut importait, en fait.
J'arrivais bien vite devant les lourdes portes de bois, que je poussais dans un grincement digne des films d'horreur édulcorés que l'on s'offrait pour Halloween. Le ketchup à la place du sang et la musique pseudo-flippante ? Joke. Mes pas raisonnaient dans la bibliothèque à chaque mètre parcouru. J'offrais un sourire étincelant à la bibliothécaire, qui me répondit d'un petit rire faussement gêné mais tout à fait stupide. Comme si ce genre de technique de drague allait m'atteindre, après tout. Mon cœur -pour peu qu'il ne soit pas de pierre- avait déjà sa -ses même- propriétaire, de toutes façons. Je parcourais quelques rayonnages, prenant un quelconque roman au passage, avant de ne me diriger vers le coin « lecture » de la pièce.
Elle s'y trouvait, bien entendu. Prenant mon air le plus doux, je m'approchais à petits pas, soulevant une mèche de cheveux bruns que je remis derrière son oreille, avant de ne déposer un baiser sur sa joue, à l'endroit où ses cheveux cachaient sa peau quelques instants plus tôt. Adorable ? Je l'espérais bien. C'était le but, après tout.

- Les examens sont passés et l'on continue de s'enfermer ici. Quelque chose ne tourne vraiment pas rond chez nous, dis-moi !

Sourire parfait aux lèvres, je m'installais sur la chaise à ses côtés, posant mon livre sur la table par la même occasion, sans y jeter un œil, me concentrant à nouveau sur son beau visage. Cela ne faisait qu'une semaine que je ne l'avais plus vue mais l'impression que des siècles s'étaient passé restait tenace dans mon esprit. Elle m'avait manqué, oui, plus encore que je ne voulais me l'admettre.

- Alors, que s'est-il passé dans la fabuleuse vie d'Annabella depuis le dernier épisode ?

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Annabella Manchinelli
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MessageSujet: Re: Give me some of your time, some of your love [Bella]   Jeu 1 Juil - 22:10

    Néant, néant... ennuie, ennuie... Voilà probablement les mots qui définissaient le mieux ma vie actuelle. Le charme de Dublin et l'attrait de la nouveauté semblaient peu à peu se dissiper et laissaient désormais place à un vide immense, à un sentiment de lassitude intense, à une impression de déjà vu. Le déjà-vu ? Sans doute une des choses que je détestais le plus au monde. Lorsque ce sentiment vous gagne c'est comme si tout devenait soudainement fade, comme si tout ce que vous aimiez devenait dérisoire et que le moindre de vos petits efforts pour sortir de la routine qui s'installe était immédiatement voué à l'échec, avant même d'éclore. Oui je crois que c'est finalement ce qu'était devenue ma vie, une routine. Et mon dieu qu'est-ce que c'était fatiguant à la fin. Se lever chaque jour à la même heure, emprunter les mêmes couloirs, croiser les mêmes personnes et les sourires hypocrites de toutes ses filles à papa qui une fois loin s'empressaient de déblatérer sur mon compte, ingurgiter toujours ce même café immonde et me brûler la gorge avec en me rendant compte de mon éternel retard. Et puis gagner ces salles de cours, m'asseoir et me contenter d'écouter, feignant de montrer un quelconque intérêt à un professeur qui de toute évidence ferait mieux de se reconvertir dans la psychanalyse que dans l'enseignement juridique. Puis finir par rejoindre cette même bibliothèque, emprunter une nouvelle fois un livre que j'ai déjà lu et m'enfoncer dans la noirceur d'une histoire d'amour vouée à l'échec. Plutôt pathétique n'est-ce pas ? Le pire dans toute cette histoire c'est que je me rendais parfaitement compte que me cacher dans un endroit aussi sinistre n'avait rien de bien gratifiant et que cela ne faisait que me coller une étiquette "de fille intello' et coincée", ce qui au passage était totalement faux, je sortais beaucoup, même un peu trop d'ailleurs. Depuis quelques semaines les soirées étudiantes s'enchaînaient et d'un naturel plutôt sympathique quoique que peut-être agaçant pour certains allez savoir, je finissais toujours par me faire inviter. Et trouvant là encore un moyen d'élargir mon cercle de connaissances, j'acceptais et m'adonnais parfois à la débauche. Je possédais ce qu'on appelle une sorte de double personnalité, Ange le jour et Démon la nuit...Bien sûr j'exagère. Mes nuits n'étaient pas si mouvementées et je terminais bien souvent complètement saoule et endormi sur un canapé, mais je ne m'en plaignais pas pour autant. Après tout il fallait bien que je m'amuse un peu et il faut dire que pendant un temps ces soirées m'ont amusé. J'ai pris du plaisir à discuter, à boire et à flirter gentiment avec des garçons, leur faisant miroiter une ouverture, une opportunité d'apprendre à "mieux me connaître" comme ils le disaient tous et à finalement me moquer d'eux en rentrant chez moi et en les abandonnant. Car la vérité était que je n'avais jamais vraiment l'intention de conclure avec ces gars, de toute façon ils étaient bien trop stupides pour imaginer ne serais-ce qu'une seconde une relation avec eux, ce qui me plaisait c'était le jeu de séduction voilà tout. Même si à ce jeu-là je n'étais malheureusement pas la plus forte, je m'étais même déjà fait prendre à mon propre piège.

    Alexander Anderson était très fort lui, je n'avais d'ailleurs jamais vu un garçon aussi charmeur. Je ne parviens toujours pas à comprendre comment il avait réussi son coup, mais il m'avait immédiatement séduite. Lorsque mon regard avait croisé le sien j'avais été comme transporté, je me souviens encore de ce sentiment et aujourd'hui y repenser me fait bien sourire, car nous sommes devenus de vrais amis... Et nous avons pour habitude de passer du temps ensemble... du moins nous en avions l'habitude, mais depuis quelques jours je n'avais plus aucune nouvelle de lui, je ne comprenais pas vraiment pourquoi d'ailleurs. Mais ne voulant en aucun cas passer pour une fille totalement éprise et paranoïaque j'avais décidé de ne pas lui envoyer de message et de le laisser venir à moi, seulement j'ai pris conscience que je n'étais pas aussi forte et déterminée que je le pensais et qu'Alexander me manquait. Son petit jeu de séduction et nos échanges me manquaient et c'était peut-être la raison pour laquelle je me sentais un peu plus vide et lassée que d'habitude. Mais je souffrais en silence, refusant de baisser les armes et ainsi de révéler ce que je ne parvenais pas à admettre, mes véritables sentiments. Assise à ma table, je laissais donc divaguer mon esprit librement en prenant soin de lire quelques passages fétiches de mon bouquin à l'occasion. Et alors que je commençais à piquer du nez, fatiguée et totalement désespérée par mon ennui, mon portable (qui était glissé dans ma poche) me fit sursauter. La voix de Matthew Bellamy ^^ résonna alors dans l'enceinte de la bibliothèque et faisant volte-face au regard tueur de la bibliothécaire (qui ne m'appréciait visiblement pas beaucoup) je m'empressais de couper le son de celui-ci et de lire le sms que je venais de recevoir. Un sourire se dessina alors sur mon visage et je m'empressais de répondre à mon correspondant en lui disant qu'évidemment il pouvait me rejoindre.

    Quelques minutes plus tard, Alexander entrait dans la salle et s'approcha doucement de moi. Reprenant le petit jeu dont je parlais tout à l'heure, il posa alors sa main sur mon visage et dégagea délicatement mes cheveux avant de déposer un baiser sur ma joue. Au contact de ses lèvres, un frisson me parcourut tout le corps et je ne pus m'empêcher de rougir ce qui visiblement l'amusa. - Les examens sont passés et l'on continue de s'enfermer ici. Quelque chose ne tourne vraiment pas rond chez nous, dis-moi ! Me remettant peu à peu de "mes émotions" ou de ma gène peu importe comment vous définiriez ça, je m'empressais de lui répondre en souriant et entrais par la même occasion dans son jeu « Oh si nous sommes tout à fait normaux rassures toi. Je suis ici, car cet endroit est comme une sorte de repère secret pour moi, qui me garde à l'abri des mauvais garçons dans ton genre... et toi tu es ici; car tu es visiblement dans l'incapacité totale de te passer de moi. » Tout en lui disant cela je l'attrapais délicatement par le col et le rapprochais un maximum de mon visage avant de le relâcher et de tourner brusquement la tête. Et pourtant je savais pertinemment que tout ceci ne constituait qu'un jeu dangereux mais bizarrement j'aimais ça, j'adorais même. Cependant, Alexander de toute évidence beaucoup moins impressionnable que moi se redressa et reprit le plus normalement du monde notre conversation. Alors, que s'est-il passé dans la fabuleuse vie d'Annabella depuis le dernier épisode ? s'empressa-t-il de me demander. J'aimais beaucoup dialoguer avec lui, car il restait toujours très calme et il semblait beaucoup s'intéresser à ma vie, ce n'était d'ailleurs pas désagréable mais... il parlait très peu de lui et ce fait m'intriguait de plus en plus. C'est d'ailleurs pourquoi je m'empressais de répliquer : « Pas grand-chose. Toujours la même routine, une sorte de métro, boulot, dodo, mais version étudiante quoi. Ce qui donne plus Cours, fête et gueule de bois. Mais asse parler de moi, ma vie est des plus ennuyeuses. Et j'aimerais que tu me dises ce que tu as fait, toi. Cela fait une semaine que je n'ai pas eu de tes nouvelles et...» Je m'interrompis immédiatement. Et voilà je n'avais pas pus m'en empêcher, il avait fallu que je joue la fille jalouse et suspicieuse, pourvu qu'il ne prenne pas cela comme un reproche.
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Alexander Anderson
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MessageSujet: Re: Give me some of your time, some of your love [Bella]   Sam 3 Juil - 2:54

Jamais je n'avais plus me qualifier de « normal ». A vrai dire, je n'avais qu'une vague définition de ce mot lorsqu'il s'agissait de la race humaine. Je devinais, parmi mes concitoyens, qui pouvait l'être ou non mais moi, sans nul doute, je n'étais pas normal. Du tout. La routine quotidienne me dépassait. Je n'arrivais à comprendre comment l'on pouvait passer des heures devant les imbécilités que nous offrait la télévision, comment l'on pouvait simplement se contenter de soirées où l'alcool était maitre, s'intéresser des heures durant à des professeurs soporifiques. Depuis mon plus jeune âge, j'étais baigné dans la vie de mafieux, en quelques sortes. Je n'avais pas décidé d'être tueur du jour au lendemain, après tout. Mon père l'était avant moi, ma mère était la fille du « parrain », en quelque sorte. Je suivais dignement leurs traces, faisant chaque jour un peu plus leur fierté pour continuer d'être en liberté malgré les nombreux meurtres que l'on aurait pu me mettre sur le dos. Et, forcément, ce contexte familial si particulier avait eu des répercutions sur mon quotidien. J'étais bien incapable de regarder une comédie sans m'ennuyer mais je savais démonter et remonter un fusil à pompe en trente-six secondes. Je ne pouvais pas dire quelle chanteuse était à la mode en ce moment, connaissant vaguement la blonde qui s'habillait bizarrement et, pourtant, je pouvais reconnaître le bruit de n'importe quelle balle tirée. Flippant ? Oui, je l'avouais sans grande difficulté. J'avais compris, bien assez tôt, qu'il me fallait me rendre invisible dans la masse pourtant, garder ma couverture de parfait petit humain.
Quoi de mieux que la séduction pour cela ?

J'étais passé maitre dans l'art de séduire depuis mon adolescence. C'était là bien la seule chose que j'avais en commun avec les autres hommes et cela me plaisait assez. Voir le joue monter aux joues d'une jeune fille sous mes paroles suaves, les voir perdre leurs moyens lorsque je leur caressais la main, l'épaule... J'aimais cela, oui, même si j'avais brisé plus d'un cœur en quelques années. Je n'avais jamais su m'attacher. Cela m'était génétiquement impossible, en quelques sortes. Je savais qu'une jeune fille apprenant au hasard que son petit ami est en fait un psychopathe en puissance n'aurait jamais été des mieux pris, tout d'abord. Mais, surtout, je n'arrivais jamais à leur trouver un quelconque intérêt, une fois la première nuit passée. Comme une rose fanée, elles devenaient fades, inutiles à mes yeux.
Avec Annabella, c'était différent. Je n'arrivais à me l'expliquer. Elle me passionnait, titillant un peu plus ma curiosité à chaque minutes passée à ses côtés. J'avais envie de tout savoir d'elle, de connaître la moindre de ses pensées, de comprendre la moindre expression de son visage. Elle me fascinait, en quelques sortes. Fascination que je savais du à l'interdit de notre relation. Nulle loi nous interdisait de nous voir, bien entendu. Mais je m'imposais des limites, tout de même, afin de ne pas dépasser le point de non retour. Je tenais bien trop à elle, après tout, pour qu'elle ne sache mon secret et s'enfuit en courant. Lui mentir était un supplice mais je préférais cela à la vérité, dans mon égoïsme, pour un jour de plus à ses côtés. Adorable, n'est-ce pas ?
Proches sans vraiment l'être, nous nous accordions à dire que nous étions amis, tout simplement. Pourtant, ce jeu du chat et de la souris durait depuis plusieurs mois maintenant, sans jamais s'être arrêté. Amis, certes, mais avec quelques sous-entendus plus qu'explicites pourtant. Mais, à mon plus grand regret, certes, mes lèvres n'avaient jamais dépassé le stade de sa joue. L'ambigüité de notre relation me plaisait, mais que cela n'aille jamais plus loin me plaisait tout autant. Je savais que les choses se compliqueraient, le jour où l'on irait plus loin, et je n'en avait aucune envie. La simplicité de notre petit jeu se suffisait à elle-même, après tout.

- Moi, un mauvais garçon ? Oh, darling, si tu savais... Je suis un ange, bien entendu. Mais ta dernière phrase était néanmoins vraie. Preuve en est, je viens m'enfermer avec toi dans cet endroit poussiéreux pour profiter de tes jolis sourires.

Je souriais, à moitié bêtement, je l'avoue, mon visage à quelques centimètres à peine du sien, le regard braqué sur ses lèvres. J'aimais cette idée de mauvais garçon, même si j'étais toujours un parfait boyscott à ses côtés. Mais cette aura inimitable se dégageait de moi. Certains appelaient cela simplement du charisme, mais j'avais ce léger côté effrayant qui en faisait reculer plus d'un. Elle, comme beaucoup de filles, semblait pourtant attiré par ce mystérieux côté bad boy que j'avais. Elle devait aimer la sensation d'être en danger à mes côté, l'adrénaline que lui procurait ma présence. Les femmes, vraiment, impossible de comprendre leur façon de penser. Je me serais fui, si je l'avais pu. Mais je préférais qu'elle n'ait pas peur de moi, après tout.
Ses doigts finirent par lâcher mon col, alors que je continuais notre banale conversation, comme si de rien n'était. Mon calme et mon sang-froid auraient pu faire de moi un acteur hors paire, en fait. Du moins, acteur, je l'étais, à jouer chaque jour la vie d'un Alexander qui n'était pas réellement moi. Mais mon légendaire calme flancha, lorsqu'elle ouvrit la bouche à son tour. Je ne m'étais pas attendu à ce revirement de situation, pourtant plus que banal lui aussi. Je lui demandais de ses nouvelles, il était donc logiquement qu'elle demande les miennes. Merde.
« Oh, tu sais, j'ai voulu tué le mari de ma meilleure amie dont je suis amoureux et, là, il s'est réveillé de son coma. Donc c'est la fête pour tout le monde sauf moi et j'ai bien envie de le tuer à nouveau et de pas rater mon coup cette fois. Sinon... C'est moi qui suis un homme mort. »
Oui, non, pas tout à fait, n'est-ce pas...

- Ta vie est passionnante, comparée à la mienne. J'ai eu besoin de calme et de solitude, en quelques sortes. Je t'avais parlé de mon amie Alice, non ? Son mari s'est réveillé de son coma, donc elle est avec lui, maintenant, plutôt d'être avec moi... Donc j'ai eu besoin de mettre un peu mes pensées en place et... Je ne sais même pas pourquoi je raconte cela, tu dois t'en ficher pas mal. Le fait est que je sors à nouveau. Et je t'ai atrocement manqué, ne dis pas le contraire. Je compte donc bien rattraper le temps perdu en ne te lâchant plus d'une semelle. Pauvre de toi.

Sourire charmeur en prime, je déposais une fois de plus mes lèvres contre sa joue. A ce léger contact, mes pensées, entièrement dictée par mes hormones masculines, s'affolèrent, mais je me calmais rapidement. Une bibliothèque n'était vraiment pas l'endroit idéal pour ce genre de choses.

- Sur quel roman mon petit rat de bibliothèque abime-t-il ses jolis yeux, aujourd'hui ?

Air décontracté de rigueur, je m'intéressais faussement au livre posé devant elle. Je commençais à connaître ses goûts en matière de littérature, après tout. J'imaginais un auteur anglais, un livre profond teinté d'une belle histoire d'amour et ma curiosité, piquée à vif, voulait connaître si mon hypothèse sur sa lecture était fondée ou si j'étais totalement à côté de la plaque. Occupation mentale comme une autre, après tout.

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Annabella Manchinelli
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MessageSujet: Re: Give me some of your time, some of your love [Bella]   Lun 5 Juil - 16:55

    Je n'avais jamais vraiment réussi à cerner Alexander et pourtant ce n'était pas faute d'avoir essayer. A la minute où nos chemins se sont croisés j'ai immédiatement su qu'il n'était pas tout à fait comme les autres. Son regard mystérieux au possible était tout aussi dure qu'il était charmeur et, cette expression qu'il laissait parfois entrevoir (lorsqu'il était agacé ou très en colère) était semblable à celle que les acteurs utilisent lorsqu'ils interprètent le rôle d'un tueur. Bien sûr Alexander n'était pas un tueur et il aurait été d'ailleurs bien stupide de ma part de croire à une telle ignominie. Après tout c'est vrai comment un jeune homme aussi adorable, prévenant et gentil que lui pourrait faire du mal à quelqu'un ? C'était insensé ! Alexander avait tout du parfait ami (et même petit-ami d'ailleurs ) : il était gentil, drôle, intelligent, rassurant et tant d'autres choses qui le plaçait à des années lumières des vilains psychopathes que l'on voyait à la télévision. Et pourtant, au plus profond de moi, je savais pertinemment qu'il cachait quelque chose et n'était probablement pas celui qu'il prétendait être. J'avais l'étrange impression qu'il jouait un rôle et que l'image de parfait gentleman qu'il se donnait et cette vie si calme qu'il prétendait avoir n'était qu'un moyen, une supercherie mise en place dans le but de se protéger, de cacher qui il était vraiment. Avait-il vécu quelque chose d'extrêmement douloureux par le passé et l'avait poussé à se comporter de cette manière ? Je n'en savais rien, mais je ne pouvais m'enlever cette idée de l'esprit. Oh bien sûr le doute qui planait autour de lui ne me dérangeait pas spécialement, ou du moins pas tout le temps, je trouvais cela même plutôt excitant. Chaque jour était nouveau avec lui, différent, mais parfois le doute me gagnait et le mystère laissait place à la suspicion. Ce qui était d'ailleurs totalement stupide, j'en conviens. Nous n'étions qu'amis après tout et quel que soit notre relation et "le jeu" auquel nous nous prêtions cela ne me donnait en aucun droit le fait d'exiger quelconque explication. Et pourtant je ne pouvais m'en empêcher, non pas que je sois curieuse, mais je voulais apprendre à le connaître comme lui il me connaissait, comprendre quand il allait mal et tâcher de le réconforter, faire ce que font les vrais amis tout simplement mais... Alexander était un garçon très compliqué et il se confiait très peu ou du moins quand il le faisait, il s'arrêtait immédiatement prétextant que finalement cela n'était pas important. Et à dire vrai je ne comprenais pas vraiment pourquoi il agissait de la sorte avec moi et parfois même j'en souffrais, venant à croire que s'il ne se confiait pas à moi, c'était tout simplement parce qu'il n'avait pas confiance. Mais, la vérité est que mes doutes ne perduraient jamais. J'étais tout bonnement incapable de lui en vouloir pour quoi que ce soit. Il n'avait qu'à me sourire, m'effleurer et tout était oublié. J'étais tel une petite fille fragile devant lui, comme un pantin immobile... j'étais... Peu importe ce que j'étais en fait, Alex était mon ami et rien de plus et cela ne changerait jamais. Si quelque chose avait dû se passer, il y aurait longtemps que cela aurait eu lieu. Mais notre jeu ridiculement pudique durait depuis des mois et, résignée je savais désormais m'en contenter. - Moi, un mauvais garçon ? Oh, darling, si tu savais... Je suis un ange, bien entendu. Mais ta dernière phrase était néanmoins vraie. Preuve en est, je viens m'enfermer avec toi dans cet endroit poussiéreux pour profiter de tes jolis sourires.

    Au moyen de son irrésistible voix et de ses douces paroles il me tira de mes pensées; me permettant ainsi de redescendre sur terre. Et en bonne comédienne que j'étais (bon d'accord je n'étais pas vraiment excellente et jouer la comédie était loin d'être mon passe-temps favoris, mais je me plaisais cependant à croire que j'étais asse douée pour cacher mes sentiments) je chassais bien rapidement ses idées noires et me recentrai sur notre conversation au moyen d'un beau et large sourire. Cependant, je ne parvins pas à lui répondre, me contentant une nouvelle fois de rougir à ses compliments. J'étais telle une adolescente de quatorze ans à qui l'on fait la court et je me sentais bien stupide dans ce rôle. Mais notre Alexander lui semblait s'en contenter, s'amusant toujours un peu plus de mes mimiques et de mes réactions, m'analysant presque. Cela le rendait d'ailleurs d'autant plus adorable à mes yeux mais... la question n'était pas là et je devais me ressaisir et me concentrer sur ce qu'il pouvait bien me dire. Tâcher de m'intéresser à la réponse que je lui avais presque "exigée" et lui répondre en conséquence. Mais comment faire lorsque celui-ci excite toujours un peu plus mon désir en ne cessant pas de m'effleurer et de m'embrasser ? La peau de mes joues, frémissante, était désormais piquée d'un rouge vif et à l'intérieur je bouillonnais littéralement, mais je ne devais en aucun cas craquer et me jeter sur lui comme j'en mourrai pourtant d'envie, cela risquerait de tout gâcher. Je prenais alors une grande inspiration et quoi qu'encore troublée je lui répondais : « Oui tu m'en avais vaguement parlé, oui. Et ne t'en fais pas, j'apprécie que tu te confies à moi... cela n'arrive pas si souvent alors aujourd'hui j'en profite. Même si j'avoue ne pas savoir quoi te dire, cette situation est un peu compliquée... Mais en tout cas une chose est sur c'est que je te comprends. Je peux concevoir que ton amie te manque, mais tu ne trouve pas normal qu'elle passe du temps avec lui ? Après tout il a faillit mourir, ce n'est pas rien» je m'étais alors interrompue, comme gênée par cette conversation, mais aussi stupéfaite par les propos d'Alex. Premièrement, je n'aimais pas du tout parler de la mort. Ce sujet était bien trop sombre pour moi et à dire vrai j'en avais peur. Quant à Alex il semblait déçu que le mari de son amie se soit réveillé, ce qui me surpris et me choqua quelque peu, néanmoins je ne lui dis pas. Puis comprenant par son interruption qui ne souhaitait probablement pas en parler davantage je décidais de ne pas insister, jugeant que s'il souhaitait m'en reparler il le ferait et que ce premier pas, cette petite confession constituait déjà un grand pas en lui-même. Je reprenais donc notre dialogue, amusée par ses propos « Toi me manquer ? Absolument pas voyons. Par politesse j'ai feint d'être heureuse de te voir, mais en somme je me suis plutôt bien débrouillée sans toi ! » je marquais alors une pause puis reprenais mon discours, en prenant soin de me replonger dans mon bouquin comme pour me cacher « Bon ça va d'accord, j'avoue tout ! Peut-être bien que tu m'as UN PEU manqué».

    Puis par peur de me perdre une fois de plus dans ses grands yeux et de tomber une nouvelle fois sous son charme, je décidais de me plonger dans ma lecture ou du moins de faire semblant de m'y intéresser. Alexander qui m'observait toujours avec autant d'assiduité tenta de voir de quel livre il s'agissait mais n'y parvenant pas, il décida de le deviner : Sur quel roman mon petit rat de bibliothèque abime-t-il ses jolis yeux, aujourd'hui ?. Cette question parvint à m'extirper un léger sourire, car j'avais la conviction qu'il savait pertinemment de quoi il s'agissait, après tout il me connaissait si bien. « Il s'agit de "Au péril de l'amour" de Barbara Cartland. Et je pense que cet écrit est plus proche d'une nouvelle que d'un roman, mais peu importe cette histoire ne t'intéresserait pas de toute façon. Je ne sais même pas pourquoi je m'obstine à la relire, je la connais par cœur depuis le temps. Mais bon... je suppose que j'aime les histoires d'amours stupides, même si je m'évertue à le nier.» concluais-je sur ce point en riant.
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Alexander Anderson
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MessageSujet: Re: Give me some of your time, some of your love [Bella]   Mar 13 Juil - 2:49

    Je joue, je sors de mes sentiers battus, je me brule avec le feu ardent de ses joues. Ses lèvres rosées, ses yeux enivrants me font perdre la raison. Perdre mes repères. Je ne sais pas, je ne sais plus. Où j'en suis, surtout. Je suis Alexander Anderson, tueur, fils de tueur, père de tueur s'il s'ose un jour me reproduire, froid, calculateur, dangereux. Je suis cet homme, ce monstre. Mais le monstre disparaît face à cet ange entré dans ma vie. Face à elle, je ne suis plus rien. Juste Alex, le charmeur, le blagueur, le souriant. Je me trouverais presque adorable, même. C'en est pitoyable. Je me perds en moi-même, dans ce double jeu des personnalités. Qui suis-je ? Qui ne suis-je pas ? Et, surtout, qui est-elle, vile tentatrice, à me faire espérer une vie calme, paisible... Normale ? Une sorcière. Oui, c'est cela, ses grands yeux bleus, bien cachés sous sa frange chocolatée, m'ont ensorcelé.
    Sourires retenus, contenus, lourds de sens. Je me joue d'elle comme elle se joue de moi. C'est évident. Notre relation, purement platonique, enfantine, ô combien amicale, ne l'est qu'en théorie. Pour moi, du moins. Dans mon esprit, au creux de mon être, ce n'est pas du tout la même histoire. Je la veux, entre mes bras, contre mes lèvres. Je la veux mienne, de la manière la plus magnifique possible, comme dans les vieux films. Lui embrassant le cou, debout sur la véranda, un bouquet de fleurs dans champs dans ses mains. Je déraille. Elle me rend fou. Complètement. Je suis fou d'elle.

    Je dois me reprendre. Et rapidement. Ma belle Juliette n'a nul droit de finir dans les bras de son Roméo. Son Roméo, moi ? Sotte pensée que celle-ci. Elle mérite mieux, bien mieux, qu'un monstre comme prince charmant. Et je me dois de lui laisser ce bonheur, tant pis si cela va de paire avec mon malheur. Je suis maudit à aimer les femmes sans en être aimé en retour, en quelques sortes. Car, je le sais, nul sentiment de son côté. Elle se joue de moi comme elle pense que je me joue d'elle. Et c'est tant mieux ainsi. Je n'ose imaginer la réciprocité de mes sentiments, le désastre que cela causerait. Imaginer faire couleur des larmes sur ses jolies joues de porcelaine m'est intolérable. Je dois protéger mon ange de tout danger. Et j'en fais malheureusement partie. Triste ironie du sort.
    Je me vide la tête, repense à mon premier amour. Plus ironique encore, admettons le, de pense à Alice aux côtés de Bella. Quel bel idiot je fais, tout de même. Mais les pensées de la jolie brune m'enlève de mes chimères. Je grince des dents mais n'en montre rien, si ce n'est un tic de ma lèvre, mon poing soudainement fermé sous la table, qu'elle n'a pas le loisir de voir. Je visualise la tignasse blonde du mari d'Alice, le sang faisait rougeoyer sa chemise, son corps sans vie ou presque tombant au sol, inerte. Ce qui aurait pu être ma plus belle mort reste mon plus gros erreur. Je vogue d'ironies en ironies, aujourd'hui. Tellement que c'en devient magnifique.

    - C'est justement parce qu'il a « failli » mourir, le problème... Oublie ça, tu veux ? Cela n'a pas grande importance, au final.

    Quel beau menteur je fais là. Je manie les mots, les sentiments que je montre, avec une habilité subtile et imparable. Haussement d'épaules, sourire en coin. Parfois, je me croirais presque moi-même dans mes mensonges. J'arrive assez bien à me persuader, après tout, que cela est mieux pour tout le monde que Valentin soit en vie. Alice heureuse me rend heureux, j'arriverais presque à l'oublier, au profil de ma belle Annabella. Ce n'est plus qu'une question de temps, après tout, pour que mon cœur ne batte plus que pour une. Et celle-ci est en face de moi, grand bien me fasse.
    Je souris à ses paroles, m'amuse de ses joues plus rouges encore -est-ce seulement possible ?- et souris plus encore au reste de sa tirade. Elle ne ment pas aussi bien que moi, la pauvre. C'en est adorable mais à la fois alarmant. Est-elle plus attachée à moi que je ne le croyais ? Non, mauvaise idée que celle-ci, Bella, que fais-tu donc ? Ne fais pas de bêtise, Bella, ne t'attaches pas à moi. Tu finiras par le regretter...

    - Je t'ai manqué, c'est le principal. Peu m'importe le degré sur l'échelle de manque. Tu ne peux simplement plus te passer de moi, voilà tout. Mais je te comprends, ma belle. Moi non plus, je ne peux plus me passer de moi !

    Sourire de gamin aux lèvres, prouvant bien la futilité de mes paroles, accentuant un peu plus l'humour dans ma voix. Je ne peux qu'admirer la différence entre mes pensées et mes paroles. Si j'avais touché le fond en commençant à la séduire, je creusais un peu plus chaque jour en continuant joyeusement. Bienvenue dans le monde illogique d'Alexander.
    Elle détourne les yeux, passer d'écrevisse à homard bien cuir sous ses boucles brunes, pensant que je ne la vois pas. Je souris d'autant plus, un peu plus bêtement que d'habitude, feignant de m'intéresser à son livre. A vrai dire, j'ai une petite idée du titre. Ce roman, laminé par le temps, qu'elle traine partout, comme sa petite Bible personnelle. Je n'ai jamais pris le temps de me poser et de le lire à tête reposer, d'essayer de comprendre pourquoi ce roman, en particulier, la fascine tant. Un mystère de plus.
    Elle confirme le fond de ma pensée, donnant titre et auteur. Évidemment. Et n'hésite pas à y aller de son petit commentaire de fille faussement aigrie. Adorable. Je devrais penser à changer mon vocabulaire, tout de même... Charmante, dirons-nous. Même si adorable lui va mieux.

    - N'est-ce pas le but d'une histoire d'amour, ne pas être stupide ? Enfin, les gens amoureux le sont toujours un peu, à leur manière, mais l'amour n'est jamais stupide, tu ne penses pas ? Enfin, sauf pour ta jumelle de surnom. Elle, pour le coup, a une histoire d'amour des plus stupides. Aimer un vampire, quelle idée. Aimer un monstre...

    Je me perds dans la contemplation d'une partie de la bibliothèque, perdu dans les méandres de mon esprit bien trop complexe, avant de ne secouer la tête, de manière assez caricaturale. Je reporte mon attention sur sa petite personne, une pensée me traversant soudainement l'esprit.

    - Mais assez avec mes paroles stupides. Qu'as-tu de prévu ce soir ? Rien, j'espère, car il te faudra décommander. Je t'organise... Je ne sais quoi encore, mais je l'organise. Et tu es obligée d'accepter. Je ne te demande pas ton avis. Je t'ai dis, il va falloir me supporter plus que de raison, maintenant.

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MessageSujet: Re: Give me some of your time, some of your love [Bella]   Ven 16 Juil - 20:56

    Alexander m'observait une fois de plus en silence, mettant de nouveau en avant cet aura de mystère qui flottait si bien autour de lui, endossant le rôle de l'ami intéressé par ma personne, mais restant du moins inaccessible. Incontestablement et horriblement inaccessible... Et cela commençais à me ronger sérieusement, je pense même que c'est de là que venait le réel problème et mes doutes. Sans me prêter ici une prétention particulière j'avais toujours su que quelque chose de spécial se passait entre nous et que je lui plaisais, il suffisait de voir la manière dont il se comportait avec moi, c'était clair comme de l'eau. Toujours très tactile il ne pouvait s'empêcher d'effleurer ma peau, excitant toujours un peu plus mon désir et réveillant sans cesse la flamme qui brûlait au plus profond de moi. Chaque fois qu'il se trouvait à mes côtés mon désir le plus fou était de l'embrasser, de me jeter sur lui quelque soit l'endroit et d'assouvir mes pulsions et mes désirs les plus intimes. Car bien plus qu'une simple amitié ou de l'affection je ressentais pour lui une attraction sans limites, un sentiment profond et sincère qui me donnait cette impression de manque quand il était loin de moi ou encore cette sensation chaude presque suffocante lorsqu'il s'approchait un peu trop près de moi. Je sais d'ailleurs parfaitement ce que mes amis les plus proches pensaient de tout ça, ils s'évertuaient à me prouver par diverses constations et certaines de mes réactions que j'étais amoureuse de lui et qu'Alexander était bien plus qu'un ami pour moi. Au fond j'en avais conscience seulement mes sentiments n'étaient probablement pas partagés et j'étais vouée à vivre un amour platonique, rêvant toujours qu'un jour il m'enlève et m'avoue enfin son amour. Chose profondément stupide puisque totalement impossible ! Cela n'arrivera jamais et je saurai me contenter de son amitié faute de mieux, car après tout il m'était impossible de le perdre, même l'imaginer était affreux alors le vivre. Je courrai à la dépression. C'est d'ailleurs pour cette même raison que je ne lui faisais jamais part du fond de ma pensée et que je lui cachais mes sentiments, lui dire aurait tout gâcher. Alors, je l'écoutais me parler d'Alice sa meilleure amie, probablement très gentille, mais agaçante rien que par sa présence dans son esprit à lui. L'avait-il aimé un jour ? Rêvait-il souvent d'elle ? Je m'étais souvent posé la question et arrivant presque toujours à une réponse positive j'avais décidé d'arrêter d'y penser. De toute façon cela ne me regardais pas le moins de monde, il était libre après tout. Libre ce n'était d'ailleurs pas le cas du pauvre mari d'Alice qui était à cette heure cloué dans un lit d'hôpital, j'en étais d'ailleurs profondément embarrassée pour lui et pour elle aussi, il avait échappé à la mort de peu. Je fus d'ailleurs choquée de réaliser à quel point le monde était devenu dangereux de nos jours, voilà que des hommes se tiraient dessus sans raison apparentes maintenant. Cette réflexion titilla d'ailleurs ma curiosité au plus haut point et me poussa à demander à Alexander s'il en savait un peu plus sur cette triste affaire. Seulement sa réaction, pas des plus enthousiastes : - C'est justement parce qu'il a « failli » mourir, le problème... Oublie ça, tu veux ? Cela n'a pas grande importance, au final. me poussa à abandonner mon idée et je secouai alors la tête avec lassitude, en lui faisant clairement comprendre que je laissais tomber. Après tout c'est ce qu'il souhaitait et puisqu'il ne souhaitait pas en parler, pourquoi continuer ?

    Ayant visiblement perçût le fond de ma pensée et ma déception il m'adressait un sourire des plus désolés et je cessais immédiatement de bouder, incapable de lui faire la tête plus longtemps. J'avais tenu deux secondes à peine ce qui vous en conviendrez est des plus pathétiques. Mais peu importe je ne veux pas m'encombrer de ces idées noires et préfère plutôt profiter un maximum de ce moment passé avec lui. Sa compagnie s'était faite si rare ces derniers temps que je ne devais pas risquer de mettre en péril nos retrouvailles et sa bonne humeur avec mes doutes et mes suspicions à deux balles. De plus que je ne savais pas du tout d'où elles sortaient et, elles n'avaient même pas lieu d'être après tout... Alexander était adorable avec moi, de quoi je pouvais me plaindre ? Pas grand-chose à part ma stupidité débordante et ma timidité maladive qui me pousse sans cesse à rougir, comme à ce moment même tandis que mon charmant ami me charme en me disant à quel point je lui ai manqué. Etant une nouvelle fois dans l'incapacité de lui répondre, je posais alors ma main sur mon front et laissais échapper un petit rire stupide. Ce type de comportement me pousse de plus en plus à me demander si je ne devrai pas consulter ou entamer une thérapie. Car ces choses-là se soignent n'est-ce pas ? Tout comme une adoration débordante pour un roman d'amour des plus stéréotypés non ? En parlant de ça, notre charmant Alexander s'était mis à disserter sur l'amour et sa stupidité face à mon mutisme soudain. Amusée par ces propos et le trouvant alors incroyablement mignon je l'écoutais attentivement et au moyen d'un large sourire je lui répondais : « Oh tu sais moi je n'en pense pas grand-chose. Si ce n'est que pour moi l'amour rends les gens aveuglements stupides et qu'ils feraient bien de réfléchir un peu avant de s'engager à corps perdu dans une histoire qui n'a de toute évidence aucun avenir. Enfin moi ce que j'en dis... Tu sais je suis loin d'être une experte en la matière et mes conseils ou mes opinions sont de ce fait légèrement vide de sens et inutiles. ». Je laissais échapper un nouveau rire amusé tandis qu'Alexander me lançait alors une petite vanne parfaitement placée je devais bien l'avouer : Enfin, sauf pour ta jumelle de surnom. Elle, pour le coup, a une histoire d'amour des plus stupides. Aimer un vampire, quelle idée. Aimer un monstre... Totalement exaspérée par cette même histoire d'amour stupidement vampirique je laissais échapper un bref "Ah, Ah" à cette remarque avant de frapper d'un geste lourd l'épaule d'Alexander qui s'amusait de la situation. « Je suppose que tu te trouves drôle mon cher ? Saches cependant que tu ne l'es pas et que cette histoire commence vraiment à me taper sur les nerfs. Ah lala, je n'aurais jamais dû laisser les gens me surnommer Bella ou alors changer de nom à la sortie de ce stupide film ! ». Décidément cette histoire me suivrait partout et encore Alexander ne faisait pas allusion à ma précédente et au combien brève histoire, je crois que cela m'aurait achevé. Je suis tellement à bouts des réflexions des gens que j'en viens parfois à maudire l'auteur de ces histoires enfin... Tout cela finira bien par leur passer et les gens finiront peut-être par me surnommer autrement. L'espoir fait vivre après tout.

    Comme toujours amusée par mes petites pensées personnelles et mon esprit divagateur je ne vis pas qu'Alex avait reporté son attention sur moi et sursauta alors quand il s'adressa de nouveau à moi : - Mais assez avec mes paroles stupides. Qu'as-tu de prévu ce soir ? Rien, j'espère, car il te faudra décommander. Je t'organise... Je ne sais quoi encore, mais je l'organise. Et tu es obligée d'accepter. Je ne te demande pas ton avis. Je t'ai dis, il va falloir me supporter plus que de raison, maintenant. Intriguée par sa demande, je me laissais alors tenter et lui souriais, ravie de pouvoir passer plus de temps avec lui. « J'avais prévu de passer une soirée tranquille et de me reposer mais... étant donné que tu ne me laisses pas vraiment le choix. Je vais te suivre ! Même si je t'avoue craindre un peu tous ces mystères et préfèrerai que tu te décides et me dises où nous irons ce soir...»
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MessageSujet: Re: Give me some of your time, some of your love [Bella]   Dim 18 Juil - 16:15

    Elle n'était pas des plus curieuses, j'étais chanceux. Ou alors l'était-elle, tout en comprenant que je ne dirais pas un mot de plus lorsque la conversation était close. Je m'arrangeais toujours pour ne pas lui mentir, sans aller trop loin tout de même. Je répondais à ses questions, sans m'attarder sur le détail de trop qui aurait tout brisé. Comme si son instinct de survie l'avertissait de ne pas aller trop loin. Moi ? Je ne lui aurais jamais fait de mal, bien entendu. Je ne tenais que trop à elle pour cela. Mais j'avais quelques « amis » qui n'auraient sans doute pas été de cet avis. Avec Alice, cela n'était pas un problème. Elle savait se défendre et personne n'osait jamais lui chercher des noises. Avec Annabella, j'avais peur de constamment la mettre en danger. Bien sur, nous étions à Dublin et non New York. Les risques de vendetta étaient minimes mais pas nuls tout de même. Et l'idée de la perdre m'était insoutenable. Je devais la préserver de mon monde, coute que coute.

    Je souriais comme un idiot à son soupire théâtral lorsque je lui dis qu'elle m'avait manqué. Je n'étais pas des plus doués dans ce qui était des relations humaines mais je voyais bien qu'elle cachait ses sentiments derrière son petit jeu et cela me plaisait. Je lui manquais, elle me manquait... J'aurais aimé que les choses soient plus simples que cela. Passer mes journées, mes nuits à ses côtés, pour que plus jamais l'un de nous éprouve ce manque du à l'absence de l'autre. C'était beau de rêver, après tout.
    Notre petit débat sur l'amour m'amusait, d'ailleurs, alors que mes arguments ne devaient même pas tenir la route plus de trente secondes. Je n'en avais que faire, à vrai dire. Seul son avis sur la question m'intéressait. Je voulais savoir ce qu'elle pensait, si elle aurait été capable de tout donner au nom de l'amour. J'avais espoir, vraiment, sans savoir pourquoi. Mais elle brisa mon espoir d'une unique phrase, pourtant. « Si ce n'est que pour moi l'amour rends les gens aveuglements stupides et qu'ils feraient bien de réfléchir un peu avant de s'engager à corps perdu dans une histoire qui n'a de toute évidence aucun avenir. » Je pris la remarque de plein fouet, sans sourciller, mais je n'en pensais pas moins. Je la connaissais assez pour savoir qu'elle était tout à fait saine d'esprit, en comparaison avec toutes ces demoiselles crédules qui croyaient encore au prince charmant alors qu'elle entraient dans l'âge adulte. Elle ne devait pas dire cela par hasard. Elle devait ne pas se sentir concernée par ses paroles, ne pas entrer dans cette catégorie. J'aurais aimé le contraire mais cela me rassurait également. J'étais pris entre deux eaux et sa logique implacable la sauvait de moi. C'était déjà cela.
    Je me contente donc d'un pâle sourire pour lui répondre, décidant soudainement de la taquiner sur son surnom. Elle déteste cela, j'en suis parfaitement conscient et je respecte sa volonté de ne jamais être surnommée ainsi. Seul un petit « bella mia » s'échappe parfois de mes lèvres, dans un italien incertain, faisant honneur à ses origines. Mais, aujourd'hui, sur ce sujet en particulier, la tentation -sans mauvais jeu de mot- n'est que trop forte pour ne pas en parler. Et sa réaction se fait sans attendre, bien entendu. Je souris comme un gamin idiot de son rire sans joie, étouffant à mon tour un petit rire lorsqu'elle décide de me frapper. Gentiment, je fais semblant d'être touché par son geste, reculant un peu sous le choc, alors que je n'ai en fait rien senti, souriant de plus belle. « Je suppose que tu te trouves drôle mon cher ? » Effronté, je ne peux m'empêcher de répondre à la positive, ma tête se secouant énergiquement de haut en bas, sourire de crétin au lèvres. Âge mental : cinq ans, tout au plus.

    - Ne fais pas la tête, darling. Ce surnom te va mieux qu'à elle, de toute façon. Et les gens s'en lasserons, tu verras.

    Je décidais alors de changer de sujet, aussi subtilement qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine. Je voulais la voir en dehors des murs de l'université, pour une fois. Sortir, oui, connaître la ville avec elle, rattacher des souvenirs de mon petit ange à tel lieu, tel endroit. Je ne connaissais, au final, pas grand chose de Dublin. J'y vivais mais je n'y étais pas attaché, à vrai dire. J'espérais que, avec elle à mes côtés, cela changerait. Pouvait-on considérer cela comme un rendez-vous galant ? Bonne question. Elle pouvait le penser si elle le souhaitait, cela ne me dérangeait pas outre mesure. Au contraire.

    - La soirée sera tranquille, ne t'inquiètes pas pour cela.

    Tout en parlant, je remis la même mèche de cheveux derrière son oreille, rebelle parmi tant d'autres. Puis, pris de je ne savais quelle envie, je me penchais à nouveau vers sa joue pour y déposer mes lèvres, avec douceur. Mon esprit continuait de tourner, cherchant de quoi nous occuper durant cette soirée. Les idées fusaient, certes, mais je ne savais ce qu'elle préférerait, ni ce qui ne ferait horriblement cliché. Ce n'était pas gagné, donc.

    - Nous pourrions aller au cinéma... Au restaurant... Au théâtre même, si tu veux... Puis finir sur les quais de la Liffey, avec toute la ville illuminée... Et même au cirque si tu veux, je t'achèterais du pop-corn.

    A chacune de mes propositions, je déposais une fois de plus mes lèvres sur sa joue, me rapprochant toujours un peu plus de ses lèvres. Je jouais avec le feu, je n'en avais cure. J'en avais assez de cette relation platonique, assez de ne devoir la considérer comme une amie alors que c'était bien plus que cela. Un fol espoir me laissait croire qu'elle n'aurait jamais peur de moi. Que je serais toujours cet étudiant adorablement idiot à ses yeux, même si elle savait la vérité. Qu'elle me comprendrait, malgré tout.
    Je me mordillais la lèvre, incertain. Je mourrais d'envie de l'embrasser, maintenant, sans autre forme de procès. Mais ce n'était pas légitime, pour elle. Je voulais qu'elle sache, avant, qu'elle n'ait pas de mauvaise surprise, qu'elle ne regrette aucune chose faite avec moi. Je me perdais dans mes choix, mes décisions, frôlant la migraine à force de trop penser à elle, à moi, à cet hypothétique « nous » que j'avais au bout des lèvres.

    - Quand tu parlais tout à l'heure des gens se lançant à corps perdu dans une relation sans avenir... Serais-tu capable d'une telle chose ? Savoir que tu pourrais me haïr du jour au lendemain, savoir que tu ne voudrais sans doute même plus me voir ?

    Réponds oui, bella mia, réponds moi que tu le pourrais. Donne-moi espoir, même si ce n'est que pour me détester au final. Laisse-moi être égoïste, même si c'est pour te briser le cœur au final.

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MessageSujet: Re: Give me some of your time, some of your love [Bella]   Mar 20 Juil - 4:16

    - Ne fais pas la tête, darling. Ce surnom te va mieux qu'à elle, de toute façon. Et les gens s'en lasserons, tu verras. Au moyen de ces simples mots, Alexander venait de cloître le sujet. Ce qui ne me contrariait pas le moins du monde puisque je ne voyais pas ce que nous aurions pu ajouter du plus sur la question. Il avait en effet choisi de plaisanter sur mon surnom quelques minutes plus tôt et il était désormais tant de passer à autre chose, car après toutes les plaisanteries les plus drôles ne sont-elles pas les plus courtes ? Ce dicton est bien connu et puis de toute manière déblatérer sur cela pendant des heures ne m'intéressait pas le moins du monde, nous avions mieux à faire... J'avais mieux à faire. Comme par exemple observer les magnifiques traits de son visage et tenter de comprendre/m'imprégner des rares réactions ou crispations qu'il laissait parfois transparaître. Ainsi j'aurai pu tenter de l'analyser, de comprendre ce que signifiait chez lui un haussement de sourcil, un mutisme soudain ou un regard insistant. Vous me direz sans doute que ce genre de choses est commune à tous les humains et qu'elles signifient pour beaucoup d'entre eux la même chose, mais je vous répondrai alors qu'Alexander n'est comme aucun autre et qu'il est de ce fait extrêmement difficile de le comprendre. Je ne comprenais même pas pourquoi je m'évertuais toujours à essayer puisque je n'obtiendrai de toute évidence aucune réponse, tant-pis pour moi. Cette capacité à cerner les gens et à cacher aussi aisément sa propre personnalité me laisserai probablement toujours aussi indécise et incrédule face à lui.

    Incrédule tout comme à ce moment même alors que mon bel ami me propose une sorte de rendez-vous galant, car s'en est un pas vrai ? Du moins tout concorde, la promenade à deux, la soirée et le fait qu'il ne cesse de me répéter que je n'ai pas fini de le supporter. D'ailleurs quand j'y repense tout cela me paraît si étrange, si soudain. Moi qui ai toujours rêvé d'un moment comme celui-ci j'en ai maintenant peur, plutôt étrange pas vrai ? Enfin la question n'est pas vraiment celle-ci puisque le fait est que j'avais une nouvelle fois un mal fou à me concentrer sur les dires de ce cher Alexander qui prenait soin de me donner un baiser à chacune de ses propositions de soirée. D'ailleurs ces baisers beaucoup trop pudiques à mon goût commençaient à me mettre hors de moi. Loin de vouloir jouer à la petite fille capricieuse je ne pouvais cependant plus supporter ce type d'attitude et je pense que n'importe quelle jeune femme dans ma situation est à même de le comprendre. Ces doux baisers se faisaient de plus en plus nombreux et ils s'approchaient peu à peu de mes lèvres déjà bien trop ardentes à mon goût. Je n'avais alors de cesse de me demander pourquoi Alexander agissait de la sorte avec moi ? Pourquoi s'obstinait-il à me faire souffrir comme ceci, me berçant d'illusions ? me faisant miroiter la promesse d'un contact de ses lèvres avec les miennes ? me faisant croire que je pourrais enfin goûter à ces dernières et que nous échangerions enfin un baiser des plus ardent et passionné. Chose dont j'avais toujours rêvé. Mais pourquoi diable me faisait-il subir cela à la fin ? Craignait-il que ce simple geste, cet échange ne mette en péril notre amitié ? Ne casse ce si beau lien que nous avions créé ? Nous pousse finalement à notre perte, à un éloignement infini, à la fin de notre amitié ? J'étais dans l'incapacité totale de répondre à mes interrogations et j'aurai aimé qu'il le fasse mais j'étais cependant trop lâche pour lui demander des réponses et ainsi me confronter à la vérité.

    Pensant qu'il était néanmoins plus que temps de lui donner une réponse, je feignais une réflexion parfaite et commençais à me tortiller sur ma chaise comme pour lui faire comprendre que je n'avais pas encore fait mon choix. Ne voulant en aucun cas me brusquer, il me se remit alors à me fixer calmement, attendant patiemment ma réponse, mais finissant tout de même par poser sa main sur la mienne comme pour me montrer qu'il aimerait bien que je me décide. Moi bien sûr je m'amusais de cette situation, pour une fois que je le tenais en haleine je voulais en profiter. Je fis donc durer le suspens, levant les yeux aux ciel à l'occasion. Alexander lui, commençait à s'impatienter, je pouvais le lire dans ses yeux et c'est pourquoi je décidais de me montrer gentille et de lui donner sa réponse. Entrant par la même occasion dans son petit jeu de séduction je déposais un doux baiser sur sa joue avant de l'effleurer brièvement à l'aide de ma main : « Tu sembles prêt à satisfaire le moindre de mes désirs et je dois t'avouer que je trouve cela absolument adorable. Tu marques d'ailleurs un point » je marquais alors une pause et lui souriait malicieusement avant de poursuivre : « Et même si l'idée de me promener bras dessus, bras dessous dans les rues illuminées de Dublin ne me déplait en rien je t'avoue que j'aimerais beaucoup que nous fassions une escale au cirque dans un premier temps. Pour la simple et bonne raison que la perspective de me faire offrir du pop-corn me ravie, mais aussi et surtout parce que j'adore la compagnie des animaux et particulièrement des fauves. N'y vois bien sûr aucune signification particulière.» Amusée par la stupidité de mes propos j'éclatais alors de rire, sous le regard gentiment moqueur de mon cher ami qui prenait comme toujours un malin plaisir à me voir me tourner en ridicule.

    Mais alors que nous mettions en place le programme de la soirée et que nous semblions tous deux nous amuser de cette situation quelques peu anormale et de mes paroles pittoresques, le visage d'Alexander se figea soudain et il devint dès lors anormalement sérieux. Surprise par son changement soudain d'humeur je ne réagis d'abord pas, pensant qu'une fois de plus il plaisantait et avait dans l'idée de me faire tourner en bourrique. Cependant, quand le silence s'installa et qu'il afficha un sérieux plus inquiétant que de coutume je sentis la pression monter en moi, comme si je savais que mon bel ami s'apprêtait à me dire quelque chose de très important, comme s'il avait des révélations à me faire et... le moins que l'on puisse dire c'est que mon intuition ne me trompa pas. Les mots qui sortirent de sa bouche furent d'ailleurs comme un coup de poignard. Moi qui avait toujours voulu qu'il se montre honnête avec moi, qu'il me fasse part du fond de sa pensée, qu'il s'ouvre à moi en somme et bien j'aurai cette fois préféré qu'il se taise. Qu'il ignore ce souhait, qu'il m'embrasse pudiquement comme il en avait prit l'habitude et qu'il s'amuse de ma timidité et me taquine. Seulement il avait décidé de me poser une question, celle-là même que je ne voulais pas entendre. Celle qui m'effrayait, celle qui me déstabilisait, me décontenançait, celle pour laquelle je n'avais pas réellement de réponse. Mais comment me résoudre à garder le silence face à ce visage si doux ? Comment me résoudre à me taire si une simple réponse me permettait d'éclaircir la situation ? Comment oser me taire si mon avenir sentimental en dépendait ? Comment enfin, me résoudre à m'enfuir et le laisser seul alors qu'il occupe une place si importante dans mon coeur ? La réponse à toutes ces questions étaient des plus simple : je ne pouvais tout simplement pas le faire. Je devais prendre mon courage à deux mains et me résoudre à lui répondre et ce de manière la plus honnête possible. Mais ce que c'était difficile, j'avais tellement peur de tout gâcher, car après tout : et si ma cette réponse déterminait l'avenir de notre amitié ? Je doutais tellement à ce moment précis que je ne prêtais même plus attention à ce cher Alexander qui attendait impatiemment sa réponse désormais, je pouvais d'ailleurs lire l'inquiétude dans ses yeux et cela me terrorisait. Jamais encore je n'avais perçu cette expression sur son visage. Finissant par me décider je prenais une grande inspiration et me résignais à ouvrir la bouche.
    « Alex je... j'aimerais vraiment te dire que je pourrai faire ça... Que je pourrais croire à l'amour, au véritable et qu'un jeune homme charmant viendra un jour m'enlever et qu'il fera de moi la plus heureuse des femmes, qu'il me poussera à me surpasser et que je serai capable de tout pour lui. J'aimerais tellement avoir la prétention de croire que je pourrai me jeter à corps perdu dans une relation sans même me préoccuper des conséquences. Seulement je ne m'en sens pas capable. Ma vie sentimentale n'a été jusqu'alors qu'une succession d'erreurs et de faux pas et je ne sais pas si je supporterai de souffrir à nouveau... » Je m'interrompais alors, mal à l'aise. Le visage d'Alexander avait en effet eu de cesse de s'assombrir au fur à mesure que j'avançais dans ma tirade et je me sentais vraiment horrible. Horrible de le faire souffrir au moins un peu. Horrible de blesser son orgueil...Ecoeurée à la simple idée d'y penser. Mais qu'est ce qui m'avait pris bon sang ? Pourquoi avais-je sortis ce discours stupide sur l'amour ? Pourquoi m'étais-je confier de la sorte ? Bien sûr je pensais chacun de mes mots mais j'aurai dû mentir, j'aurai tout simplement dû, rien que pour le protéger de mes pensées sombres et absurdes. Impuissante et touchant l'espoir fou de le consoler je levais alors délicatement le bras et posait, d'un geste tendre, ma main sur sa joue. Prise alors d'une immense panique ainsi que d'une profonde tristesse je prenais une nouvelle et brève inspiration et poursuivais dans ma lancée, tout en laissant glisser ma main sur son visage puis son torse pour enfin atteindre son avant-bras :

    « Écoutes Alex... on se connaît depuis quelques temps maintenant et tu n'es pas sans connaître l'affection que je te porte et même si je risque de le regretter plus tard... je pense qu'il est temps que je me montre totalement honnête avec toi, je veux dire à propos de nous...»je marquais une nouvelle pause terrorisée par ce que je m'apprêtais à lui dire « Voilà tu m'as demandé tout à l'heure si j'étais capable de faire ce genre de choses, de me lancer sans y réfléchir à deux fois dans une relation et je t'ai clairement fait comprendre que non mais » tout en prononçant ce dernier mot j'attrapais sa main et commençais à la serrer dans la mienne « pour toi je pourrais probablement le faire, je le ferai sans doute, je veux dire je pense que j'en serais capable. Car la vérité est simple Alex, tu me rends folle et j'ai besoin d'être constamment avec toi, de savoir que tu vas bien et ça tu le sais depuis toujours. Tout comme tu sais à quel point je.. je...». Cette fois-ci je m'interrompais d'emblée, comprenant que j'étais sur le point de commettre l'irréparable à savoir lui avouer la vérité... Je ne pouvais pourtant pas faire ça, je n'étais pas prête, il n'était pas prêt ou plutôt nous ne devions pas déraper comme cela... nous ne devions pas, mais d'un autre côté cela m'avait fait tellement de bien de lui dire tout cela. Pourtant, j'appréhendais sa réaction et c'est pourquoi je décidais de détourner une dernière fois mon regard du sien et baissais pathétiquement la tête...

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MessageSujet: Re: Give me some of your time, some of your love [Bella]   Mar 20 Juil - 19:30

    Je ne connaissais que trop peu ses goûts en matière de sorties. J'aurais pu donné son livre préféré, le groupe qu'elle écoutait en boucle ou encore ce qu'elle allait sans doute manger à midi -effrayant ?- mais, dès que l'on sortait du cadre de l'université, je ne la connaissais que trop peu. Je savais qu'elle aimait sortir, dans les bars, dans les discothèques, mais c'était tout. Lui proposer plusieurs alternatives me semblait donc la meilleure solution. Elle n'aurait qu'à choisir, je n'aurais qu'à organiser. La simplicité incarnée.
    Pour l'envie soudaine d'embrasser sa joue à chacune de mes propositions ? Un mystère. Comme des bandes-annonces, en quelques sortes, lui donnant le ton de la soirée. Je me rapprochais de ses lèvres, un peu plus chaque fois, comme pour montrer que ce n'était plus qu'une question de temps avant que je ne les atteigne. La faire se languir de moi, j'étais fou d'agir ainsi. Mais elle me le rendait bien, après tout, avec sa lenteur toute mesurée. Oh, ma belle, ne sais-tu pas que la patience n'est pas mon fort ? Bien sur, qu'elle le savait, qu'elle s'en jouait avec facétie. Je mordais l'intérieur de ma lèvre, que trop peu habitué à devoir attendre. Puis, n'y tenant plus, je posais ma main sur la sienne, dans une silencieuse prière de se presser. Je voyais l'amusement dans ses yeux, en soupirant doucement. Ce n'était que de bonne guerre dans nos chamailleries, après tout. Mais ma patience avait des limites tout de même et si jamais elle ne...

    Sourire, alors qu'elle décidait enfin de me répondre. Sourire plus grand encore, malicieux. Oui, il cherchait la perfection pour elle. Aucun mal là dedans. Toujours cette volonté de lui montrer à quel point j'étais le petit ami idéal, me convaincre moi-même que je pouvais l'être. Léger rire aux lèvres à ses paroles, imitant un discret grognement en montrant des dents. Elle avait choisi le plus enfantin des choix, certes, mais cela n'était pas pour me déranger. Si ce n'était l'odeur des éléphant mais bon, j'allais survivre à cela, tout de même. J'avais vu pire.

    - Va pour le cirque, fillette.

    L'on avait vu plus romantique, tout de même. Mais là n'était pas le but premier, de toute façon. Je voulais simplement passer du temps avec elle, hors de ces murs, qu'elle apprenne doucement à me connaître. Je voulais y aller avec lenteur, la faire entrer doucement dans mon monde, pour ne pas qu'elle s'effraie et parte en courant. Même si, dans chacun des scenarii que je me faisais, il s'agissait là de la fin inévitable. Comment supporter de rester avec un homme ayant les mains tâchées de sang, après tout ? Même si, je le savais, j'aurais simplement pu la jouer comme Alice. Cacher ma véritable identité, sans autre forme de procès. Mais Alice devait être plus douée que moi pour mentir à la personne qu'elle aimait, apparemment. Ou alors moins conne, tout simplement. Oui, j'étais con de jouer ainsi avec le feu, de jouer la carte de la sincérité sachant que je pouvais ainsi tout perdre. Mais Annabella ne méritait pas qu'on lui mente, à l'inverse du bellâtre dans intérêt de ma meilleure amie.
    Si le sérieux de mes traits l'inquiétait, je le savais, mes paroles l'achevèrent. Ma diplomatie légendaire faisait une fois de plus ses preuves, apparemment et, le temps d'un instant, je regrettai d'avoir dit cela. Elle ne pouvait que mal prendre ce genre de chose. S'entendre dire, sans aucune raison précise, aucune raison valable, qu'un hypothétique couple était voué à l'échec avant même d'être ensemble... Forcément, cela ne pouvait pas passer. Forcément, elle n'allait pas apprécier. Et, forcément, elle allait m'envoyer sur les roses.

    Gagné.
    Je n'arrivais même pas à lui en vouloir de ses paroles, bien qu'elles me faisaient l'effet d'un coup de poignard. Et, à chaque mot de plus, j'avais l'impression qu'elle tournait un peu plus le couteau dans la plaie, pour bien me faire souffrir, ajoutant même un peu de sel dessus. Torture psychologique.
    Mon regard s'assombrissait, sans doute, toute trace de sourire complètement disparue. Et le pire, sans doute, fut la suite. Elle se sentait coupable. Coupable de me faire du mal, coupable de ses paroles. C'était tellement... Illogique. Elle aurait du se sentir rassurée, en sécurité d'avoir refusée aussi étrange et dangereuse offre. Mais non. Même pas. Elle ne se souciait que de ce que moi, dans tout cela, je pouvais ressentir. Je ne la méritais vraiment pas. Elle n'était que trop bien pour moi.
    Main sur ma joue, me faisant frissonner, tombant sur mon bras. Je posais la mienne par dessus, mêlant mes doigts aux siens, comme dans une discussion silencieuse, lui expliquant par ce simple geste de ne pas s'en faire pour elle. Puis, alors que je pensais déjà à fuir de cette bibliothèque au plus vite, elle ouvrit la bouche à nouveau. Je crus à une nouvelle attaque de sa part mais, au lieu de cela, mon cœur se mit à battre la chamade.

    Surprise. Incompréhension.
    Je relevais le regard vers elle, croyant à peine à ce que j'entendais. Je pensais rêver. Halluciner. J'allais me rêver, d'un moment à l'autre, c'était impossible autrement. Et pourtant. Sourire sur mes lèvres, que je n'arrivais pas à dissimuler. Sourire de plus en plus grand, sincère au possible, alors que mes yeux retrouvaient leur joie habituelle. J'aurais presque sauté de joie au plafond, si je l'avais pu. Néanmoins, je passais mon pouce sur ses lèvres alors qu'elle hésitait sur les derniers mots. Je les avais devinés, naturellement. Mon cœur allait exploser dans ma poitrine à cette simple pensée. Mais je ne voulais pas qu'elle le dise maintenant. Cela pouvait attendre.
    Alors qu'elle baissait la tête, je levais les mains pour les poser sur sa mâchoire, prenant son visage en coupe avec douceur, la forçant à me regarder. Tendre sourire sur mes lèvres, condensé des sentiments contradictoires qui se battaient en moi. Mais le cœur l'emportait sur la raison, cette fois. Et je n'avais nul envie de me battre contre lui, rendant les armes.

    - En effet, tu es folle...

    Je ne lui laissai pas le temps de répliquer. Je ne lui laissai le temps de rien que, déjà, mes lèvres se posaient sur les siennes. Douceur et tendresse du premier baiser, calme et innocent. Ardeur toute mesurée, alors qu'une de mes mains allait se perdre sur sa nuque, dans mes cheveux. Mes sens restaient à l'affut, au cas où la bibliothécaire décidait de venir calmer nos hormones, mais je perdais pied peu à peu. Pensant aller trop loin, je me reculais doucement, m'arrangeant tout de même pour appuyer mon front contre le sien.
    Mes mains quittaient son visage pour l'attraper par les hanches, la tirant vers moi pour l'installer sur mes genoux. Le tout avant d'aller à nouveau lui caresser la joue, en douceur.

    - Pour ce qui est de rester à mes côtés, je pense qu'on a résolu le problème, non ? Rapide baiser. Je te promet autant d'honnêteté de ma part, darling. Laisse-nous juste le temps, d'accord ?

    Nouveau baiser, suivi de bien d'autres. Plus pressants, plus passionnées. Une main dans le bas de son dos pour l'attirer contre moi. L'espace d'un instant, mes plans pour la soirée changèrent du tout au tout mais, dans un élan de raison, je préférais me camper sur ce que l'on avait décidé.

    - Mais... MAIS QU'EST-CE QUE VOUS FAITES ?
    - Oups.
    - C'est pas un hôtel, ici ! Sortez immédiatement !

    Cris stridents de la bibliothécaire aux oreilles. Bon, elle nous avez trouvés, finalement. Regard malicieux adressé à Bella, sourire de gamin pris en faute, alors que nous nous levions. Il n'y avait plus qu'à se trouver un autre coin tranquille, du coup.

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Annabella Manchinelli
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MessageSujet: Re: Give me some of your time, some of your love [Bella]   Mer 21 Juil - 2:06

    Je n'avais que trop peu réfléchi à la réponse que je lui avais donné, à dire vrai je ne m'en étais pas vraiment préoccupée. Fière de pouvoir le faire marcher un peu (ce qui était extrêmement rare) j'avais mis bien plus d'entrain et de réflexion à mon petit numéro qu'au choix que je devais faire et c'est d'ailleurs pourquoi j'avais sorti le premier mot qui me passait par l'esprit et accessoirement la dernière proposition que lui m'avait faite. Ce qui en soit n'était pas totalement stupide... N'ayant pas complètement écouté son discours (j'avais déjà un mal fou à contrôler mes hormones alors avoir un contrôle total de mon attention était plus que difficile) je n'avais donc pas pu étudier correctement la question et j'avais de ce fait balancé le dernier mot que j'avais entendu, plutôt logique non ? Nous irions donc au cirque... Hum, pas des plus romantiques il faut bien l'avouer et la vérité est que j'avais imaginé le déroulement de cette soirée des centaines de fois dans ma tête et qu'à aucun moment je n'avais songé me retrouver devant des clowns ridicules ou des otaries géantes, mais je saurai cependant m'en contenter. Après tout j'avais parlé sans réfléchir alors je devais désormais assumer et puis le plus important n'était pas où j'allais passer ma soirée, mais plutôt avec qui. D'ailleurs Alexander sembla tout aussi surprit que moi lorsque je lui énonçais enfin mon choix, il faut dire que ce dernier n'était pas des plus communs ,mais après tout c'était sa faute aussi, il ne fallait pas le proposer. Et au risque de passer pour une fille irrespectueuse qui ne l'écoutait que trop peu sérieusement je ne lui dirais évidemment pas que j'avais choisi le cirque au hasard et le laisserai croire qu'il m'arrivait de retomber en enfance comme ce soir. Par pure politesse, je m'empressais cependant de lui demander s'il était vraiment partant, il avait beau m'en avoir assuré, je n'en étais que très peu convaincue : « Tu es sûr que ce programme te convient ? Parce que tu sais aller ailleurs ne me dérange pas le moins du monde. Je comprendrai tout à fait que tu aies passer l'âge de faire ce genre de choses, d'ailleurs je suis moi aussi censée l'avoir fait ! ».

    Tout comme j'étais censé avoir fait l'impasse sur les sentiments que j'ai pour toi. Ce dont bien sûr je n'avais pas été capable, j'étais si faible face à lui que cela en devenait presque ridicule. Ridicule comme cette attente qui me poussait à garder la tête baissée, attendant bien sagement sa réponse, mais ne pouvant m'empêcher de m'inquiéter cependant. Je ne comprenais même pas ce qui me retenait de prendre mes jambes à mon cou et de courir, loin , très loin d'ici, de lui, de moi, de nous, de cette situation complexe et gênante. Un certain masochisme peut-être ? J'aimais peut-être me torturer allez savoir ? Utiliser une hypothèse dans ce cas est évidemment inutile puisqu'il est certain que j'aimais me faire du mal, la preuve en est : je suis tombée folle amoureuse de l'un de mes plus proches amis et je m'obstine à vouloir être à ses côtés alors que lui joue avec mon coeur et avec mes nerfs par la même occasion. Main sur mon menton, il redressait légèrement ma tête me poussant à lui faire face. Lui me regardant, moi me demandant ce qu'il allait bien pouvoir me dire, ce qu'il allait advenir de nous. Trois infimes secondes d'attentes encore, trois horribles secondes. Je voyais ses lèvres s'ouvrir lentement, attendais que le son s'échappe de ses cordes-vocales et ne sorte. Les mots qui apparaissaient alors n'étaient pas spécialement ceux auxquels je m'attendais, il semblait constater non sans surprise que j'étais folle. Comme s'il ne le savait pas encore... Puis sans même me laisser le temps de répliquer quoi que soit il m'embrassait. Premier baiser échangé, bonheur intense, sentiment d'accomplissement, d'apaisement. Mon coeur se serrait alors tandis que mon âme s'envolait doucement. Je rêvais toute éveillée, totalement transportée par la tendresse et la passion de ce pudique baiser. Nos lèvres se séparèrent soudain et ce moment magique prit fin. Durée malsaine d'un baiser me gardant en haleine et m'extirpant un léger soupir de plaisir, d'étonnement ou d'envie pas totalement inassouvie ? Je ne savais que trop peu ce que signifiait cette tentation, tout se bousculait en moi, je me perdais peu à peu tandis qu'il m'attrapait d'un geste tendre et m'attirait vers lui...

    Je sursautais alors, surprise par son empressement. Empressement pourtant désiré et agréable. Je ne répondais plus de mon corps, lui appartenant totalement, agissant telle une vulgaire marionnette. Il me caressait une nouvelle fois la joue faisant frémir ma peau et me procurant une envie incommensurable de l'embrasser à nouveau. Je me retenais cependant, de peur que l'immonde bibliothécaire ne nous découvre et nous mette à la porte. Elle ne m'appréciait déjà pas beaucoup, je voulais éviter d'empirer les choses. Il assouvit pourtant mon désir, m'embrassant encore une fois et me prouvant par la même occasion que j'avais de toute évidence fait le bon choix en me montrant honnête. « Oui la question semble réglée. A moins que je ne me sois assoupi sur mon livre et que ceci ne soit finalement qu'un rêve. » J'entrelaçais mes doigts dans les siens et c'est conciliante que je décidais de répondre positivement à sa requête : « Prends tout le temps qu'il te faudra... J'ai confiance en toi peu importe ce que tu ne me dis pas encore... Je saurai me montrer patiente, pour toi. ». Je passais alors ma main sur son torse comme pour me convaincre à nouveau que je ne rêvais pas et que cet instant m'appartenait bien, qu'IL était mien. Du moins pour le moment... Ici, maintenant et dans cette bibliothèque.

    Alexander en profitait alors pour me voler un nouveau baiser, puis un autre et encore un autre. Nos baisers étaient de plus en plus passionnés, ardents, sauvages presque bestiales. Nous laissions échapper de brefs soupirs de plaisir, je souriais parfois en lui mordant malencontreusement la lèvre dans le feu de l'action. Nos mains baladeuses s'en donnaient à coeur joie et nous avions désormais dépassé la limite de la bienséance ce qui n'était pas au goût de la bibliothécaire qui rangeant un livre vint nous interrompre, exaspérée : Mais... MAIS QU'EST-CE QUE VOUS FAITES ?. Sans plus attendre nous coupions court à notre échange, comprenant que la vieille dame n'était vraiment pas contente. Alex lâchait un banal et malencontreux "Oups" tandis que j'essayais de justifier notre attitude au mieux : « Ecoutez madame toutes nos excuses vraiment, nous avons parfaitement conscience que notre comportement présent est des plus déplacé, mais j..». Je n'eus pourtant pas le temps de me confondre en excuses plus longtemps puisqu'elle me coupa immédiatement la parole validant ainsi l'hypothèse de son hypothétique antipathie à mon égard. Se piquant finalement d'un rouge vif, elle ouvrait un large bec (oui parce qu'elle avait tout de même une tête de corbeau quand on la regardait bien) et laissait sortir ces quelques paroles : C'est pas un hôtel, ici ! Sortez immédiatement !.

    Conscients qu'il était plus que temps pour nous de nous éclipser, nous échangions un regard complice et après avoir réuni mes affaires, j'attrapais la main d'Alex l'incitant à quitter dès à présent ce lieu où nous n'étions de toute évidence plus les bienvenus désormais. D'un pas rapide nous rejoignions alors la sortie et alors qu'il s'apprêtait à pousser la porte j'attrapais son bras et lui déposait un tendre baiser sur les lèvres : « Merci pour ce moment, j'ai adoré voir cette vipère sortir de ses gonds et puis j'ai apprécié le goût exquis de tes baisers... Laisse-moi te dire que notre soirée commence à merveille » . Je lui souriais, ravie avant d'ajouter : « Bon et si nous quittions ce sinistre endroit pour profiter pleinement du reste de la journée ? Emmènes moi où tu voudras... Ce soir, je suis tout à toi...»
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MessageSujet: Re: Give me some of your time, some of your love [Bella]   Mer 21 Juil - 13:28

    Soupirs et sourires au bouts des lèvres. Danse lascive de deux corps, que bien trop longtemps séparés l'un de l'autre. Je ne pense plus à rien, cerveau déconnecté, explosion de bonheur m'empêchant toute action cohérente. Là est sans doute la pire erreur que je puisse faire avec elle mais je n'en ai cure. Je sais que je vais sans doute le regretter, tôt ou tard, mais cela n'est pas le plus important. Je suis égoïste, je profite de cette chance qui m'est donnée, bien décidé à vivre le jour présent, à ne plus me soucier du futur. Juste elle, seulement elle, toujours elle.
    Léger sourire aux lèvres en se détachant des siens, s'agrandissant avec espièglerie à ses paroles. Elle mêle ses doigts au miens et je baisse le regard vers nos mains liées. Silencieuse promesse d'autres moments comme celui-ci. Mon cœur manque un battement, à cette simple idée. C'est officiel. Nous sommes ensemble. Pour cet éternel célibataire que je suis, c'est une première. Mais le genre de première appréciable, tout de même. Je relève le regard vers elle, souriant de plus belle. Ma main libre se lève jusqu'à son bras, alors que je pince doucement sa peau entre deux doigts, pas assez fort pour lui faire mal tout de même.

    - Preuve en est que tu es totalement réveillée. Mais j'étais sur que tu rêvais de moi. Je suis un fantasme incarné !

    Léger rire avant de ne redevenir sérieux, de lui promettre l'honnêteté. Dans quoi suis-je en train de me fourrer ? Je n'ose imaginer sa réaction le jour où je lui dirais cela. Le jour où elle saura d'où vient l'argent pour payer mon loyer, mes affaires. Je pouvais tricher, attendre qu'elle soit trop éprise de moi pour me haïr. Salop sur les bords, je le savais, mais je ne voyais aucune autre solution. Tout simplement parce que, concrètement, ce n'était pas le genre de nouvelle que l'on pouvait prendre à la légère. « Okay, cool, tant mieux » et changer de sujet. Enfin... Si elle réagissait ainsi, je saurais qu'elle est véritablement folle, au moins.

    Remerciement du bout des lèvres, avant de ne l'embrasser à nouveau. Encore et encore. Ses baisers sont une drogue. Tout s'emballe, loin de l'innocence du baiser. Soupirs, sourires, rires étouffés alors qu'elle me mord la lèvre dans le feu de l'action. Où est passée ma petite ingénue ? Disparue, apparemment. Mais ce n'est pas pour me déplaire. Bien au contraire.
    Je me demande jusqu'où on aurait pu aller, si la vieille bique n'était pas venue nous interrompre. Nous n'étions déjà allés que trop loin, de toutes façons. Et la situation m'amusait plus que de raison, tellement cocasse, comme dans les mauvaises comédies sentimentales. Mon « oups » se faisant faussement innocent mais réellement ironique. Mais, le pire sans doute, fut Annabella. Un rire m'échappa en l'entendant tenter de justifier nos actes. Comme si cela allait servir à quelque chose. J'en profitais pour prendre nos sacs, sachant bien que toute parole serait inutile. Au mieux, elle nous fichait dehors, au pire nous étions interdits de bibliothèque à vie. Pas le genre d'obstacle insurmontable, en fait.
    Main de ma belle dans la mienne, nous nous pressions vers la sortie, sous le regard meurtrier de la bibliothécaire, auquel je ne pouvais m'empêcher de répondre par un regard plus noir encore. Ne me cherche pas, je peux te tuer dans ton sommeil, vieille peau. Sans doute télépathe, elle détourna alors le regard, j'en profite pour faire de même, fier de moi et de cette peur que j'insuffle aux gens. La porte d'entrée -enfin, de sortie pour nous- est déjà là, je la pousse pour rejoindre l'extérieur. Nouveau rire alors qu'Annabella n'attend même pas d'être sortie pour l'embrasser à nouveau. Apparemment, elle ne tient pas tant que ça à pouvoir retourner ici un jour...

    - Désolé, j'avais promis une soirée calme, cela semble assez raté...

    Sourire alors que je pose un baiser sur sa tempe. Mon bras se loge avec naturel autour de sa taille, l'attirant vers moi. C'est décidé, je ne la lâche plus. De toutes façons, elle n'en aura jamais marre de moi. J'adore cela. Je l'entraine alors avec moi vers la sortie de l'université. Nous n'avons plus grand chose à faire là, rejoindre le centre ville me parait donc des plus logiques.

    - Toute à moi ? Hum, j'adore le concept... Où veux-tu aller, fillette ? Je peux t'emmener au cinéma voir Toys Story avant d'aller au cirque. Même qu'on achètera des glaces !

    Pas parce qu'elle est officiellement devenue ma petite amie que je vais arrêter de la taquiner, non mais. Je m'arrête alors dans mon élan, l'attrapant par les hanches pour l'attirer à moi, une fois n'est pas coutume, et l'embrasser à nouveau. Plus personne pour nous voir, de toutes façons.

    - Ou on peut tout simplement faire quelque chose d'un peu plus « adulte ». Tu veux qu'on aille boire quelque chose ?

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