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 Idioteque • Le pêcheur

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Edward H. Fitzalan-Howard
▌Eenzaam Hond •
Chien maniaco-dépressif, alcoolique et solitaire
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MessageSujet: Idioteque • Le pêcheur    Mer 7 Juil - 22:12

Des masques. Une multitude, une assemblée, une procession de masques, tous plus affreux les uns que les autres, grimaçants d’un glauque incomparable. Je me croirais dans un tableau d’Ensor. Des couleurs bariolées, faciès bienheureux, Carnaval de sourires hypocrites, et pourtant, une impression de malsain, que ce qui est caché n’est que laideur et corruption. Ce qui est caché n’est que laideur et corruption. Mon regard dévie, air hautement supérieur, une flûte de champagne à la main. J’inspecte, je juge. Comme eux tous. Tel est notre lot quotidien, dans nos soirées dépourvues du moindre intérêt, excusées par des prétextes ridicules dont plus personne ne prête de toute façon la moindre attention. Un quelconque gala de charité, anniversaire, date de rencontre, de mariage, création d’une boîte ou d’une nouvelle aile à cette dite boîte, fusion de deux grands commerces, pendaison de crémaillère, ou simple envie de déboucher des bouteilles d’alcool hors de prix. Pauvres de nous, petits riches nés une cuiller en argent dans la bouche, obligés de nous afficher à n’importe quelle de ces vitrines, de pseudo-bals. Tous sans exception y prennent du plaisir, voguant entre les autres invités, relations de façades, la superficialité se retrouvant partout. Tout va bien, dans le meilleur des mondes, aucune antipathie ne semble visible. Et pourtant, les masques. Que je ne perçois que trop bien. On échange les paroles de convenance, propos vides de sens, répétés jusqu’à la fin des temps et à la réponse qui nous importe peu. Et puis, on retrouve notre cercle de langues de vipères, ceux qu’on définit comme nos amis alors qu’ils pourraient nous poignarder sans le moindre remord, calomniant tout bas ceux qu’ils font semblant d’apprécier. Cet homme met le même costume à chaque sortie publique, il a des problèmes d’argent, sa femme l’a quitté, celle-ci trompe son mari à la fréquence de deux fois semaines, son amant n’est qu’un misérable plébéien, noir de surcroît, et cette gamine-là a été envoyée dans un pensionnat en Suisse, il paraît qu’elle était enceinte, de toute façon, avec toutes les amphétamines qu’elle prend pour rester mince, l’enfant sera attardé, inutile de le garder,… et toujours, et encore. Je vois les fils d’acide voler au-dessus de mon crâne. Las. Je pose le verre vide sur le plateau d’un serveur et en prends un nouveau.

Soirée à l’hôtel Hilton pour une collecte de fonds afin de faire avancer les recherches sur la leucémie. Ces riches sont d’une telle générosité. Inutile de préciser que la somme déboursée par les invités sert essentiellement à payer le caviar et le Dom Pérignon. Une excuse si bien déguisée, comme nous les aimons. Un instant, je me demande ce que je fais ici. Mais la société Fitzalan se doit d’être présente, évidemment, et quoi de mieux que moi-même pour tenir le rôle du fils prodigue. Des études de droit brillamment réussies, des actions dans de nombreux domaines, le casino dont je serai le gérant en pleine construction. À quand la fiancée, les marmots, la petite vie parfaite du riche qui a, pour couronner le tout, du sang bleu dans les veines ? Voilà ce qu’ils me demandent joyeusement en me serrant la main, et les fleurs qu’ils envoient sans la moindre gêne. Les plus jeunes tairont évidemment le fait que je passe la plupart de mes soirées dans des lieux enfumés, carrés VIP de boîtes de nuit, avec autre chose que du tabac en main. Je pourrais tout arrêter, me retirer, cesser ce jeu qui m’étouffe. La tentation est si forte que mes pas me mènent jusqu’à l’extérieur, si proche de la fuite, tout en sachant que je retournerai dans l’hôtel dans environs cinq minutes. Je m’appuie contre un mur et allume une cigarette, inspirant la nicotine sans ressentir le moindre plaisir, juste un goût amer au fond de la gorge. Et enfin, une illumination dans cette nuit orageuse.

« - Grigori Kenvasky ! Alors, les mannequins ont eux aussi la volonté de sauver les leucémiques en s’empiffrant de foie gras ? Je suis content que tu sois là, je commençais à m’ennuyer ferme. »

Un sourire perce sur mes lèvres, d’abord empli de cynisme, et ensuite assez franc. Il est l’un des rares avec qui je ne joue pas l’hypocrite, tout simplement parce qu’il ne s’appelle pas réellement Grigori Kenvasky, et qu’il n’est pas non plus un mannequin russe, d’ailleurs. Son véritable nom, Araon Fisher. Si je n’ai aucune idée de ses motivations quant à revêtir de fausses identités, la façon dont il gagne de l’argent, ou autres préoccupations de ce genre, cela m’intéresse peu. Je l’ai rencontré, apprécié, et c’est aussi simple que cela. Pas besoin de plus. Compagnon de moqueries et de beuverie, disons qu’il est ce qu’on pourrait appeler un ami. Assez particulier, je l’avoue.

« - Tous les aristocrates et gros portefeuilles du pays sont à l’intérieur, la pré-soirée parfaite. Tu as prévu quelque chose, pour l’après ? »

Simple curiosité, peut-être teintée d’un léger intérêt personnel. Je n’ai pas particulièrement envie de discuter des heures durant avec des gens qui m’insupportent au possible pour ensuite rentrer chez moi et m'endormir comme un bon petit citoyen. Aristocratie dégénérée, le vendredi soir a toujours été plus un synonyme de débauche que de conversations avec ceux « de ma race », partageant une richesse et un ego commun frôlant l’indécence. Je préfère nettement arrêter de jouer cette mauvaise comédie et m'enfoncer dans tout ce qu'il y a de pire. Mais il faudra faire illusion encore quelques heures, me pliant à ces règles sociales séculaires et empoisonnantes. L’humidité commence à cristalliser sur mon costume à trois milles dollars, j’écrase le mégot de cigarette sous mon talon et rentre à l’intérieur du bâtiment. Le calme de la rue fait place à la rumeur des discussions aseptisées, j’entame mon troisième verre de la soirée. Pas encore assez que pour ressentir une once d’ivresse, j’ai acquis une résistance assez formidable à l’alcool. Dommage.

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Araon Fisher
Tueur à Gage Obsédé
Fuyez ! Il va vous manger tout cru !
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MessageSujet: Re: Idioteque • Le pêcheur    Dim 8 Aoû - 16:50

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« - Je trinque à notre rencontre et à votre incroyable beauté. »

Araon leva son verre et trois autres vinrent le rencontrer. Il adressa son sourire le plus charmeur à ses trois comparses. S’il y avait eu un doute au début, il n’avait plus lieu d’être. Elles allaient toute trois se retrouver dans son lit.

« - Araon vous nous flattez. »
Les serveurs vinrent débarrasser leur table et A. bu une gorgée du champagne millésimé tout en les observant. Une jeune héritière et ses deux meilleures amies bourgeoises. La jeunesse dublinoise était de plus en plus insensée - à moins que l’extravagance soit réservée aux riches. Aller jusqu’à accepter un rendez-vous de la part d’un homme qu’on a à peine entraperçu. Tout cela dans le dos de papa-maman bien entendu. C’est que ça perdrait de son charme sinon.

« - Je ne fais que dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas. »

Il avait suffit d’un prestigieux diner au Hilton et quelques paroles bien placées. Presque trop facile. Mais ça il le savait. Ce n’est pas l’intelligence des demoiselles qui l’avait attiré, plutôt la perspective d’un plan à quatre. Salaud me direz vous. Il le savait et l’assumait pleinement. Et puis, ce n’est pas comme si elles ne s’en doutaient pas. Elles étaient venues dans ce but après tout. Peut-être espéraient elles plus. Il s’en moquait – elles peuvent toujours rêver. Le fait restait le même : relation entre adultes consentant. Lui et son caractère de sala*d n’avait rien à se reprocher. Même si elles pleureront toutes les larmes de leur corps quand il partira en claquant la porte une fois son affaire réglée.

« - En parfait gentleman n’est-ce pas ? »

« - Ne vous fiez pas aux apparences Claire. Vous ne pourrez que vous trompez. Le loup rode toujours au alentour des bergeries. »
Phrase ponctué d’un sourire prédateur. Le diner expédié on allait pouvoir passer à la suite des festivités. Les filles commençaient déjà à se pâmer. Ce n’est pas Araon qui allait être en reste. Tout en continuant de siroter sa coupe, il fit signe qu’on pouvait leur apporter l’addition. Et comme d’habitude, le chef de salle vint s’occuper de lui. Ses nombreuses visites lui avaient fallu le titre de client important. Même s’il ne fallait pas se leurrer, il n’aurait jamais la valeur d’un client VIP. Ce qui n’était pas plus mal au fond. Il détestait avoir quelqu’un qui tournait toujours autour de sa table lorsqu’il mangeait.

« - Vous êtes satisfait monsieur Fisher ? »

« - La nourriture fut excellente mais il me semble que nous ayons attendu longtemps. »
Tout en discutant, A. payait l’addition. L’homme en costume fut toujours aussi étonné quand le blond sortit son portefeuille et ces innombrables liasses de billets. Non monsieur je ne paye pas par carte mais en liquide. Je n’ai pas de compte, pas de banquier à mes trousses ce n’est pas comme si mon travail se prêtait à ce genre d’embrouille mécanisée. Bien sur, il se contenta de le penser, tendre les billets en précisant qu’il pouvait garder la monnaie. La routine en somme.

« - Veuillez nous excuser. Une soirée a lieu dans la salle de réception, nous fonctionnons donc en effectifs réduits. Mes serveurs sont fort pris. J’espère que cette attende n’a pas gâcher votre repas. »

*. Une réception ? J'en connait un qui doit s'ennuyer ferme. *

« - Ne vous inquiétez pas pour cela. »

L’homme partit argent en main et A. vida sa coupe sourire aux lèvres. Il semblerait qu’un certain mannequin russe allait encore s’incruster. Il n’avait plus vu Edward depuis un certain temps. C’était l’occasion. Surtout qu’il adorait s’amuser au dépend des riches. Cette soirée s’annonçait sous les meilleurs auspices. Et elle ne faisait que commencer. . .

« - Mesdemoiselles je crains de devoir m’absenter pour une heure ou deux. Prenez le studio du dixième, amusez vous, abusez du room-service. Je vous rejoindrais vite. »
Il leur tendit une liasse de billet avant de se lever. Trois baisers et une flopée de regards scandalisés plus tard, A. quittait le restaurant. Il réajusta son costard, vérifia son reflet dans la classe. Parfait. Quand il poussa la porte extérieure direction la salle de réception, il était prêt à rentrer dans le rôle. Identité : Grigori Kenvasky. Nationalité : Russe. Métier : Mannequin Raison de sa présence : Ivresse et débauche de riches. Oh pardon je voulais dire aide caritative. Il pleuvait. M*rde, ses cheveux. Il grimaça. Fichu météo. L’Irlande avait toujours été maudite de ce coté. Il passa une main dans ses cheveux en un tic habituel. Il s’avança vers le porche, vers cette silhouette qui ne lui était pas inconnue.

« - Grigori Kenvasky ! Alors, les mannequins ont eux aussi la volonté de sauver les leucémiques en s’empiffrant de foie gras ? Je suis content que tu sois là, je commençais à m’ennuyer ferme. »

« - Franchement Ed’, j’ai une tête à manger du foie gras. Tu sais bien que je ne jure que par le caviar. »
Les Russes aiment le caviar quoiqu’A. n’avait pas à se forcer de ce coté-là. Il salua Edward d’une tape dans le dos et d’un « content de te voir vieux » avant de rentrer s’abriter. La pluie ça va mais à petite dose. Et le même spectacle s’offrit à ses yeux. Rien à faire, il ne s’y habituait pas. Tant de fausseté, comme un arrière gout de venin. Encore un peu et il se serait mit à chanter. Au bal masqué OYE OYE ! Sûr que ce genre de chanson paillarde ne serait pas passé en tel lieu. Araon ne put s’empêcher de soupirer malgré lui. Ah l’hypocrisie, que ces riches aimaient ça, de vrais champions en à la matière. Cela lui donnait envie de citer du Molière. Mon dieu qu’il aurait détesté naître dans cette société. Il plaignait Edward. Ah oui il avait été choyé tout lui tombe dans la main. Mais honnêtement, il préfère sa vie de gosse de rue à ça. Cette mascarade, elle lui donnait envie de vomir. Il se demandait encore comment le duc faisait pour supporter cette ambiance 24h sur 24. De ce point de vue là il a du mérite.

« - J’ai trois bombes qui m’attendent au 10e étage. Peut-être que si tu es sage je daignerais partager. »
Il attrapa un verre sur le plateau d’une serveuse, stoppant ses protestations d’un sourire. Il but une gorgée de ce qui semblait être un cocktail plus qu’alcoolisé. Il aurait bien fait cul sec mais ce genre de manière ne se faisait pas dans de tel lieu Observant le remue-ménage au alentour, Araon se demanda quelle attitude ils allaient adopter. Se fondre dans la masse ou se moquer des rouages ? Mais ce n’était pas à lui de choisir.

« - Mais pour l’instant qu’il y a-t-il au programme ? »


J'ai eu un mal fou à le commencer ce poste. xD Sorry
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Edward H. Fitzalan-Howard
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MessageSujet: Re: Idioteque • Le pêcheur    Mar 7 Sep - 2:14

Essayons de rester positif. Après tout, cette soirée n’est pas totalement catastrophique. Mon existence n’est pas totalement catastrophique. Assez désastreuse, précaire, obscure, certes, mais encore loin de la calamité que je me figure sans cesse. J’essaye de m’en convaincre, tout en vidant mon verre et jetant un regard sur l’assemblée. Il suffit de regarder ces hommes et femmes qui m’entourent pour prendre conscience qu’il y a bien plus misérable que moi. Tous ces plébéiens embourbés dans une vie aussi fade que les petits-fours servis à cette soirée, ne s’en rendant même pas compte, pensant que c’est ça, le bonheur, une série d’acquisitions, de chemins respectés, stéréotypés, et d’une vacuité rarement atteinte. Une femme qui accepte vos écarts en terme de partenaires sexuelles. Un métier dont la monotonie vous berce doucement. Une maison meublée, entretenue, décorée, avec ce qu’on définit comme du goût, mais qui n’est rien d’autre que du conformisme. Une flopée d’amis toujours prêts à jouer les pique-assiettes. Trois gamins souriants comme des anges, mais aussi vils que vous. Une demeure secondaire dans le sud de la France. Les riches se bercent d’orgueil en atteignant ces buts, les moins aisés passent leur vie à travailler pour les passer. Après cela, il y a la jeunesse dorée, ces enfants de mon âge, insouciants, se figurant rebelles, différents, mais qui finiront invariablement par suivre le chemin de leurs géniteurs. À moins de mourir d’une overdose avant d’avoir pu se faire soigner dans un centre spécialisé, tous frais payés par papa et maman, bien sûr. C’est est tellement risible que cela me ferait presque rire. Je me dis que ce chemin n’est pas le mien, tout en sachant que je me trompe lourdement. L’aristocratie ne fait que me pousser un peu plus sur cette voie. La société n’a jamais vraiment évolué, on garde les mêmes codes tacites qu’il y a des décennies, cruels et sans fondement. Le noble n’est pas regardé comme les autres, il leur est supérieur. Des journaux nous consacrent des articles, rien que pour notre lignée, et nous avons étrangement plus de crédit que des citoyens lambdas. Le noble est surtout riche, cultivé, raffiné. Il n’a pas une famille complètement barge, et n’est en aucun cas lui-même rongé par la folie, le corps se goinfrant de médicaments en tout genre, d’alcool, et d’autres choses. Les gens nous envient, rêvent d’accéder à notre monde. Ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’il n’y a rien, que du vent. Rien. Nous agitons nos bras dans le vide, comme tout le monde, la seule différence étant que nos bras à nous sont alourdis par nos bijoux immensément plus chers que les vôtres. Mais nous nous berçons avec l’idée de notre supériorité, de l’image que nous vous renvoyons, de ces pierres précieuses à nos doigts dont l'éclat vous fascine tellement. Après tout, nous sommes comme vous. Juste des Hommes.

Toujours les mêmes pensées sombres que je ressasse. Il faut croire que j’ai des tendances masochistes. Pourtant, selon mon étude, quelqu’un de mon âge et de ma classe devrait plutôt être entrain de se saouler en compagnie féminine volage, encore étudiant au frais de ses parents, n’étudiant pas vraiment. L’un des objectifs sera cependant bientôt atteint, j’en suis à mon quatrième verre. Heureusement, Araon est là, désormais. Inutile de dire que je ne me réjouis pas de sa présence pour entamer une conversation hautement existentielle, il n’y a jamais été question de ça. Je l’apprécie, pour sa franchise, son dédain de la richesse, la façon dont il prend la vie, la façon dont je la prends en sa présence. Ça ne change pas grand-chose à mes habitudes, me diriez-vous, le Duc est connu pour ses nuits indécentes au possible. Ça change juste la façon que j’ai de les voir. cette foi-ci, c’est plus un réel amusement que le cercle malsain dans lequel je me jette les yeux fermés. Oui, je vous l’accorde, tout est dans la tête. Et il paraît que la mienne est sérieusement détraquée. Mais restons sur ce cher Araon. Et sa façon de profiter de son existence, autant continuer dans ce sujet.

« - Eh bien, tu ne perds pas la main, et les jeunes filles sont de nos jours de plus en plus frivoles, ou naïves. Mais tu crois vraiment que j’ai besoin de ton aide, pour ce genre de choses ? »

Sourire entendu sur une question de rhétorique. Pas difficile d’imaginer le nombre de femmes me courant après, et n’ayant d’ailleurs aucun mal à m’attraper, vu que je me laisse faire. Ce que les humains peuvent être primaires. Seule celle à laquelle je tiens réellement m'échappe, j'essaye de ne pas y penser pour éviter des jérémiades inutiles. « Le programme de cette soirée-ci est on ne peut plus banal. Apéritif pour que les fauves puissent s’observer et se tourner autour, repas peu consistant pour ceux qui ont payé et, au fil de la soirée, non-dits et bassesses pour s’entredévorer en douceur. Ou alors, sous-entendus et choix d’un partenaire pour la nuit. Ce qu’éviteront les hommes et femmes mariés lors de ce genre de gala, ce qui ne les empêchera pas de le faire demain dans la journée. ». Bavard, ce cher Edward. Mais je ne peux pas m’empêcher de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas, maintenant que j’ai enfin quelqu’un en face de moi qui ne s’offusquera pas de mes propos. Quoi que, je l’ai déjà fait en présence féminine, à quelques reprises. Pas mauvaise technique de drague, au demeurant. Je reprends, badinant joyeusement, terriblement à l’aise dans un lieu qui me déplaît pourtant au possible. « Mais, j’espère que tu as payé, sinon tu ne pourras malheureusement pas profiter du dîner. C’est qu’on ne rigole pas, avec les leucémiques, et vu ton intérêt pour ce genre de gala, j’en conclus que non. Donc, nous allons sans doute nous limiter aux petits-fours. Voilà ton caviar adoré, d’ailleurs. ». Un serveur s’approche de nous, je lui fais un signe, n’attrapant nulle mise en bouche, posant plutôt un verre déjà vide sur son plateau. Je n’aime pas le caviar. Je hais beaucoup de choses inhérentes à ce monde, comme sans doute nombre des personnes présentes. Mais tout n’est qu’une question de prix. Et hors de question de se contenter du bon marché, quel que soit le goût, l’important n’est pas là. Au final, ce monde nous façonne sans doute plus que nous, nous l’érigeons. Encore une belle réflexion, bravo, Edward, tu devrais en faire un livre. Le cerveau bout, le visage reste flegmatique. Les autres invités ne semblent plus vouloir m’approcher, maintenant que je suis en présence d’Araon, gardant une certaine distance polie, à croire que ce duo hétéroclite leur semble soudain trop inaccessible. Allons, depuis quand les riches méprisent-ils les mannequins russes ?

« - Regarde donc tous ces gens, on dirait que tu les effrayes. L’effet que tu as sur les riches coincés est inversement proportionnel à celui sur leurs gamines. Je pense que nous sommes trop en dessous de la moyenne d’âge, ce soir. Ils sont tous en boîte, et moi, pauvre fonctionnaire, je dois supporter cette comédie. Je pensais que tu avais plus de flair, pour les soirées, qu’est-ce que tu peux bien ficher ici ? Je sais que tu m’adores, mais bon, à ce point, ça devient gênant… »

On captera l’ironie. Le sourire pointe, mais je m’ennuie déjà. Je m'ennuie constamment. Allons, Araon va régler la situation. Non ?

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