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 What are you waiting for ? • Lexia&Tristan

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Tristan Warren Faure

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MessageSujet: What are you waiting for ? • Lexia&Tristan   Lun 9 Aoû - 20:48

Mal de crâne horrible, j’avais bien envie de faire la chochotte et de zoner dans le fond de mon lit seul non loin de la télécommande, mais le don’t disturb inscrit sur la devanture de ma porte n’avait hélas effrayé personne, pas même cette ignoble femme de ménage qui s’était permis d’entrer et de me dépoussiérer le nez ou presque. « Je ne voulais pas vous déranger monsieur Delacour » avait-elle lancé confuse en me découvrant presque nu dans mon lit à moitié défait. A cette provocation je n’avais su que soupirer avant lui enjoindre de déguerpir et d’attendre la fin de mon téléfilm. Il s’agissait d’une triste histoire, une amourette de vacances qui tournait au vinaigre parce que le père s’en était mêlé en parlant au prête qui n’était par ailleurs rien d’autre que le fils illégitime de la sœur du mari. Après seulement quarante minutes de film, nous frisions déjà l’apocalypse sociale, cela m’ennuyait. Solitude quel mot traite et abjecte qui rythmait en ce moment même ma pâle existence !

Mon téléphone restait inlassablement posé sur la table de chevet et je n’avais aucune nouvelles d’eux. Eux désignait mon ex et l’ex de mon ex alias Lex justement, mais l’appellation ne changeait pas mon manque de nouvelles, bien malheureusement. L’explosion nous avait tous touchés et encore aujourd’hui j’étais dans le noir en ce qui concernait l’état d’Apollon. Lexia avait perdu son enfant et j’avais cru bon de la laisser se remettre, sans qu’un imbécile de français, probablement la cause de sa rupture ne vienne perturber le silence radio qu’elle avait décidé d’imposer. L’émission du Samedi soir avait été remplacée par un série qui se voulait au moins aussi évoluée que mes téléfilm et Norrington criait à qui voulait l’entendre qu’il était un de ces héros qui nous avait tous sauvé la mise. Si il y avait une part de vrai, l’exagération engendrée par la gravité de l’évènement me rendait nauséeux. N’aimant les drames que confortablement installé devant l’écran plat de MacNeil, j’étais forcé d’admettre que cette situation me mettait mal à l’aise. N’écopant que d’une blessure à la jambe et un bon coup sur la tête, ma situation n’était pas si dramatique ; je me déplaçais muni de béquilles et je pouvais tendre des pièges aux gens dans la rue et me faire plaindre par des nanas sexy sans qu’on ne puisse m’accuser de quoi que ce soit, ajoutez à cela mon accent français, j’étais devenu en une semaine parfaitement irrésistible.

Je souriais à cette idée avant de prendre possession de mon téléphone et de composer avec désinvolture, le numéro d’une irlandaise qui avait absolument tenu à inscrire son nom dans mon répertoire. Pas ce qu’on pouvait appeler une lumière, elle n’était pas pour autant d’une présence désagréable et c’était ce qu’il me fallait pour combler mon manque affectif passager de la journée. Foutus téléfilms. La ménagère vint une nouvelle fois frapper à la porte de ma chambre sans cette fois se confronter à ma mauvaise humeur et mon manque de chemises, j’étais prêt. Blonde perchée sur des hauts talons, un regard vertical m’indiqua qu’elle avait tout de même le profil qu’il me fallait en dehors de sa taille mannequin, sa tenue vestimentaire indiquait un goût certain en matière de fringues. Une voiture nous attendait dehors.

Agitant ma carte de crédit d’un air absent devant le Stephen’ Green shopping center, je me tournai vers elle en affichant un sourire doux avant de lui susurrer à l’oreille une suite de mots qui devait probablement la ravir. « Fais toi plaisir chérie. » La blonde s’élança à travers les galeries pour dénicher une robe de créateur qui épouserait parfaitement ses formes, un sourire bordant ses lèvres, qu’elle ne garderait hélas pas bien longtemps. Quelques paires de chaussures et linges d’exception plus tard, je réglai la note. Nous nous dirigeâmes vers la sortie et mes lèvres vinrent à la rencontre des siennes avant que je ne chuchote. « Et si tu allais t’installer dans ce restaurant français pendant que je fais porter tes achats dans la voiture ? Il paraît que leurs cuisses de grenouilles sont excellentes, tu devrais essayer…» Mon sourire s’accentua, tandis qu’elle s’échappait lentement en direction de l’établissement. Un coup d’œil entendu au chauffeur, je montai à l’arrière du taxi, tandis qu’il chargeait les sacs débordant de Prada et de Gucci, « Direction Dublin Four, chez Lexia Henley. Je vous indiquerai. » La voiture fila et s’élança joyeusement dans la circulation jusqu’à ce que je n’arrive devant la demeure de Lexia. Son père vint m’ouvrir et je n’aurais su dire si il m’avait trouvé un air suspect au premier abord, mais il m’avait dévisagé un moment. Béquille dans la main droite, sacs emplis de fringues de marque dans l’autre, le professeur m’indiqua brièvement le salon, pièce ou sa fille regardait silencieusement un film. D’un léger coup de béquille dans la table basse, je signalais ma présence avant de lui sourire et de m’installer à ses côtés sur le divan.

« Même pas Hugh Grant, tu me déçois. C’est quoi ce film de nunuche ? » Je pris le DVD pour inspecter la jacquette. « Sept Oscars quand même, je m’incline. »

Lâchant ma béquille je pris les deux grosses sacs et les posais sur le genou de la présentatrice. Il contenait escarpins, sac, et robes toutes plus inabordables les unes que les autres, mais qui faisaient fureur en ce moment sur les magasines de modes, portés certes pas des russes anorexiques, mais portés, fort heureusement pour moi ma petite affaire me rémunérait plutôt bien. Vibration contre mon jean, un nouveau message, qui ne contenait rien d’autre qu’un « Connard. » ce qui ne m’étonna guère. J’eus un léger rire avant de porter mon attention sur Lexia.

« J’trouve que tu t’laisse un peu aller, si Lexia Henley ne fait pas de shopping, le shopping vient à elle, mais ne considère pas ça comme une habitude pour autant. » Je ponctuai ma phrase d’un sourire en coin sincère. Je me doutais que ce qu’elle vivait n’était pas évident, et peut être poussé par la culpabilité, je m’étais mis en tête de l’aider à remonter la pente. « J’aime beaucoup la noire, mais ce n’est qu’un avis personnel. Dis moi plutôt, ce que tu fais ce soir ? J’connais un bar pas mal ou ne passe que des groupes de musiciens ratés, mais je ne voudrais pas que ca t’rappelle… Non oublie les musiciens ratés. » Je ne pouvais m’empêcher de rire sous le coup du sous entendu abominable que je venais de laisser percer. « Je t’emmène boire un verre, un pub bien Irlandais, on verra qui dit de la merde en premier, mais tu m'excusera tu ne sors pas habillée comme ça ma belle. » Nouveau sourire, j'espérais honnêtement qu'elle accepte sans rechigner.
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Lexia M. Henley
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MessageSujet: Re: What are you waiting for ? • Lexia&Tristan   Mar 10 Aoû - 1:24


I feel just like Julia Roberts in Pretty Woman.
You know, except for the whole hooker thing.

    Bas de jogging molletonné, débardeur Hello Kitty, cheveux attachés en une queue mal faite, avachie dans le canapé, les pieds sur la table basse. Pathétique. Je me faisais pitié à moi-même et, à vrai dire, je n'en avais strictement rien à foutre. Un paquet de chip en main et la télécommande sur les cuisses pour parfaire l'image. La magnifique et tellement influente Lexia Henley en prenait un coup, là. Ça aussi, j'en avais rien à foutre. J'étais dans un état encore plus pitoyable qu'à mes quatorze ans, quand Jonathan m'avait quittée pour Elizabeth qui en avait plus dans le soutif que moi. Mais on me le pardonnait assez bien, vu ce qui s'était passé l'autre samedi. Un peu plus d'une semaine que cela s'était passé et j'étais enfin rentrée de l'hôpital. Et ce qui m'énervait le plus, sans doute, c'est que j'avais du renoncer à l'enregistrement du Who are they de la semaine. Plus encore que les niaiseries que pouvait débiter Norrington, ne pas pouvoir travailler m'énervait au plus haut point. J'attendais ce samedi avec impatience, même si les médecins me conseillaient de rester alitée encore une semaine ou deux. Mais plutôt crever que de jouer la loque plus longtemps. Enfin, façon de parler vu la scène dont j'étais l'actrice principale en cet instant.

    DVD terminé, générique défilant en blanc sur noir. Je tournais légèrement la tête sur le côté, lançant un regard de désespoir à mon père, qui lisait tranquillement dans son fauteuil. Regard de martyr et lèvre inférieure légèrement en avant pour accentuer ma silencieuse requête, telle une enfant de cinq ans quémandant un bonbon. Seul un lourd soupir me répondit, alors qu'il posait son livre sur la table basse et se levait par la même occasion.
    - Tu fais chier.
    Large sourire sur mes lèvres alors que je le voyais clairement lever les yeux au ciel. Pour faire semblant de râler, il était champion du monde, le George, tout de même. Mais je le savais bien trop heureux que je sois de retour à la maison pour ne pas me donner tout ce qui je désirais. D'autant plus que le moindre mouvement me donnait encore un mal de chien dans le bas du ventre mais c'était un détail, cela.
    Ouverture du lecteur, échange de Shakespeare in Love contre N'oublie jamais. Aucun Hugh Grant, à mon grand regret. Cela avait été la condition sin equa non de Daddy pour être aux petits soins pour moi aujourd'hui. Pas de Hugh Grant de la journée, ou il abandonnait. Je m'étais donc tournée vers les comédies dramatiques américaines. Programme bien moins réjouissant, en démontrait mes yeux rougis de larmes. J'étais bien trop hypersensible en ce moment pour ne pas fondre en sanglots à la moindre scène déchirante entre les personnages principaux. Pathétique ? Oui, c'est bon, on avait compris...

    Allie et Noah partageaient un passionné baiser de retrouvailles, preuve d'un amour ininterrompu malgré les années de séparations, m'attirant un sourire adorable aux lèvres, lorsque l'on frappa à la porte. Je me désintéressais aussitôt de leur passion amoureuse pour froncer les sourcils en direction de mon père, qui m'envoyait le même genre de regard. Aucun de nous n'attendait quelqu'un, alors. Je le laissais donc aller foutre les témoins de Jéhovah dehors, me replongeant dans mon film alors que Noah faisait joyeusement des bébés à Allie dans le large lit de bois.
    Une poignée de chips en plus dans ma bouche, ne m'inquiétant même pas du silence de mon père. Il savait très bien foutre dehors les gens d'un simple regard de braise, de toutes façons. Allie découvrait l'atelier de peinture que lui avait installé Noah au premier étage quand un coup sur la table basse me sortit de mes pensées dans un violent sursaut, m'attirant une grimace de douleur en portant la main à mon ventre. J'eus à peine le temps de lever le regard que, déjà, Tristan s'installait à mes côtés comme s'il était un habitué des lieux. Son attitude effrontée m'avait manquée, sans que je ne m'en rende compte vraiment, et je souriais simplement de le voir. Un visage amical à mes côtés, cela faisait du bien par sa simple présence.

    - Tu t'es trompé de boite, inculte. C'est Shakespeare in Love, ça, je l'ai regardé tout à l'heure. C'est N'oublie jamais, maintenant. Un petit bijou, avec Ryan Gosling en premier rô...

    Je n'eus même pas le temps de dire à quel point Ryan avait été adorable quand je l'avais rencontré pour le Who are they. Je n'eus même pas le temps de finir ma phrase, à vrai dire, moins encore de me rendre compte que je parlais bien trop, d'un coup. Il mit deux sacs sur mes genoux, sans autre forme de procès, dont je voyais dépasser des tissus qui me semblaient doux et soyeux, parfaits. De la haute couture à n'en pas douter. Ne comprenant ni son geste ni la raison de celui-ci, je lui lançais un regard surpris, fronçant les sourcils en attendant des explications qu'il ne tarda pas à me donner. Shopping. Ah.
    Mais... C'était tout pour moi ?

    - Fallait pas...

    Seules paroles que j'arrivais à marmonner, rouges légèrement rougies. De gêne ou de plaisir ? Je ne voulais même pas le savoir. L'idée qu'il ait pu me faire un -enfin plusieurs, même- cadeau allait de paire avec mon cœur qui s'était emballé à sa simple vue mais je savais que je m'emportais pour rien. Seule la culpabilité d'avoir été à l'origine de notre désastre sentimental le poussait à agir. Peut être même un peu de pitié, comme tout le monde, pour moi, aussi. Mais cela s'arrêtait là, bien entendu. J'aurais été folle de croire le contraire. Enfin. Tout le monde savait que j'étais folle. Mais tout de même.
    Je l'écoutais se moquer à demi-mot de mon ex fiancé, hésitant entre les larmes à la simple pensée d'Apollon me lançant un verre d'eau à la figure ou un rire nerveux en approuvant ses paroles. « Musicien raté ». Ce simple terme me plaisait, en fait, criant de vérité. J'approuvais donc d'un large sourire, le regard néanmoins mélancolique. Avant de ne me rendre compte. Il comptait vraiment me faire sortir de mon trou ? Tout bonnement hors de question. J'étais bien, là, avec mon paquet de chips, mes films et ma pseudo-dépression à deux balles. J'étais bien, dans mon imitation d'Ed, en fait. Ne manquait que le whisky.

    - J'tiens pas l'alcool. Et te donne pas tout ce mal, j'en ai rien à foutre de ta culpabilité à deux euros cinquante. Mon couple était à chier, tu m'as juste ouvert les yeux. J'devrais limite te remercier, tu vois...

    Paroles acides, alors que les larmes me montaient aux yeux. Okay, entre paroles et pensées, il y avait encore un peu de chemin. Mais je ne mentais néanmoins pas en disant cela. C'était peut être le pire, sans doute. Je n'en savais rien. Et je m'en foutais. Je frottais mes yeux d'un geste rageur, hésitant quelques secondes de plus.

    - En fait, t'as raison, sortons. On a pas fait la première pas des tabloïds l'autre jour, on la fera peut être ce soir.

    Rien à foutre des paparazzi. Bon dieu, cela faisait beaucoup de choses dont je me foutais, en ce moment. Du grand Lexia Henley. Je me levais -non sans mal- avant de piocher dans l'un des deux paquets qu'il m'avait offert. Prendre la Prada grise plutôt que la Gucci noire, rien que pour le faire chier un peu. Et pour l'impression de ne pas être en deuil, aussi. Robe sur le bras, je me dirigeais avant tout vers la cuisine pour m'enfiler deux ou trois Efferalgan, histoire de ne pas m'effondrer de douleur au bout de trois pas. Mon père m'y attendait, bien entendu.
    - Qui est-ce encore ?
    - Tristan. C'est à cause de lui que je suis plus avec MacNeil. Je serais toi, j'irais le remercier chaleureusement, sans doute. Et si tu pouvais l'apprécier, celui-là, ça m'arrangerait.
    Je n'attendis pas de réponse, tournant déjà les talons pour monter les escaliers jusqu'à la salon de bain. La simple vision de mon reflet me fit pousser un soupir. J'étais vraiment dans un sale état. Et il m'avait vue comme ça. La honte.
    Heureusement que le maquillage faisait des miracles. Quelques coups de brosse, une ou deux pinces dans les cheveux. Ma robe enfilée, étiquette arrachée, escarpins assortis trouvés dans l'armoire. J'hésitais à prendre mon sac, me disant qu'il pourrait bien tout me payer. Il n'était plus à cela près, aujourd'hui. Mais il s'agissait de Tristan et avoir carte d'identité et papiers d'assurance maladie avec moi ne serait pas de trop, sans doute. Sait-on jamais.

    Escaliers descendus aussi rapidement qu'ils avaient été montés. Mon DVD avait déjà été troqué contre la saison deux de Bones, mon père assis en silence dans son fauteuil. Petit rire nerveux de ma part. Il ne changerait donc jamais. Je m'approchais du salon, souriant doucement à Tristan avant de ne déposer un baiser sur la joue de Daddy, qui répondit d'un grognement. Sans doute traduit par « ne rentre pas trop tard et ne fais rien de dangereux » en langage cro-magnon. Signe de tête en direction de Tristan pour qu'il me suive hors de la maison. J'attendis d'être dehors, sur le trottoir et porte d'entrée fermée, pour parler.

    - Merci... T'es le seul à pas me laisser pourrir dans mon trou... On va où ?

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    « Félicitations tu vas bientôt toucher le fond, c’est bien. » Et alors il s’est passé quelques choses, je me suis laissé aller, dans un total oubli de moi même envahi par la nuit le silence et la plénitude. J’avais trouvé la liberté. Perdre tout espoir, c’était cela la liberté.
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Tristan Warren Faure

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MessageSujet: Re: What are you waiting for ? • Lexia&Tristan   Mar 10 Aoû - 2:36

« Trompé de boite moi ? Mais merde qu’est ce qu’on s’en fou de ton film dépressif à la con, t’as vu dans quel état ça t’met, on dirait moi après…ahem, Titanic ? » La mort de Leonardo m’avait particulièrement affecté comme tout le monde, mourir sous une plaque de glace ce n’était pas une fin que j’aurais envié à quelqu’un et encore moins à ce doux petit mouton rebelle qu’était Jack. Mais cette rivière de larmes qui dévalait les joues de ma présentatrice sarcastique, cela frisait l’indécence. Ce genre de films devraient être mis sous clés pendant les sombres périodes de dépression auxquels nous étions parfois sujets, nous pauvre espèce humanoïde. Farfouillant dans les sacs, Lexia affichait a présent un sourire qui me rassurait. Cette fille était faite pour le faste, les sourires, les fringues de luxe et les soirées. La priver de ces choses là revenait un peu à lui arracher une part d’elle même et j’étais heureux de pouvoir lui rendre, le temps d’une soirée, même si il était évident que je n’allais pas la lâcher en si bon chemin. Son t-shirt hello kitty était particulièrement atroce et je la soupçonnais de l’avoir emprunté à son demi frère qui avait par ailleurs disparu de la circulation, probablement pour suivre Tokio Hotel en tournée aux Etats-Unis. Les enfants illégitimes, ça allait ça venait, connaissant mon père, je devais bien avoir un ou deux frère cachés à qui je réservais quelques surprises, si ils avaient la mauvaise idée de se lancer dans la généalogie sur internet. Tomber sur un site porno en cherchant un membre de sa famille, j’aurais trouvé cela personnellement particulièrement traumatisant. Lexia qui s’était visiblement remise de la découverte de ces merveilles de haute couture que je lui avais apporté me remercia avec l’éternelle phrase dont Gad Elmaleh s’était déjà moqué dans un spectacle que j’affectionnais tout particulièrement. L’envie de l’ennuyer un peu, ne sut se taire, et je lui prenais les sac des mains en affichant un sourire taquin.

« Très bien, je les reprend alors. De toute façon t’en avais pas besoin, t’as un beau t-shirt hello kitty. » Fis-je avant de lui rendre les paquets en riant. Ma seconde remarque sur Apollon, eut le mérite de lui décrocher un sourire même si celui-ci fut vite terni par sa réponse. Elle refusait de sortir ? Elle ne me connaissait pas et je ne croyais pas si bien penser en l’occurrence puisqu’elle m’accusait à demi-mot de ne faire ça que par culpabilité. Il y avait une part de moi qui éprouvait en effet un lot de regrets mais il n’étaient en rien responsable de mon comportement avec elle, puisque avant cette dramatique explosion, nous étions arrivés à nous entendre et à réellement nous apprécier en dehors du fait bien sur que nous éprouvions tous deux des sentiments pour le même homme. De fil en aiguille, une complicité s’était installée entre nous et je pouvais dire aujourd’hui qu’elle faisait partie de mes rares amis.

« Jt’arrête tout de suite, j’suis un sale frenchie profiteur, j’connais pas grand monde à Dublin et je m’ennuyais juste ferme chez moi alors j’ai pensé à toi. J’ai pas culpabilisé des masses en empruntant ton rasoir tous les matins rien que pour t’emmerder, alors je vais pas commencer maintenant pour un baiser que rappelons le tu m’as donné. » J’affichais un sourire amusé qui donnait une dimension plus légère à la conversation qui tournait dans un registre qui ne me plaisait pas vraiment. M’avancer à parler d’Apollon et de lui dire qu’il fallait en parler avec lui avant d’être aussi catégorique aurait été une bien mauvaise idée et il fallait dire qu’une part d’égoïsme probablement me poussait à ne pas me mêler de cette histoire. Ce que j’appelais égoïsme pouvait également se donner prudence. Puis sa voix trancha, sortir ne lui apparaissait plus comme une contrainte mais bien une occasion rêvée de montrer qu’elle était de nouveau de retour et non pas le genre de fille à pleurnicher sa rupture avec MacNeil avec un pot d’Hägen Dazs et un film de nunuche. Un sourire vint éclairer mon visage.

« Avec un t-shirt pareil, oui en effet là tu ferais la une des tabloïd. » Je lui adressais un sourire qui signifiais approximativement, je plaisante, ne me lance pas un des coussins du divan au visage tu abîmerais mon brushing. « Mais, c’était pas à ça que tu pensais, dois-je en conclure que tu comptes encore m’embrasser en public ? » ajoutais-je sur le ton de la taquinerie toujours. En ce qui concernait les baisers volé, nous étions en quelque sorte à égalité, le sien avait juste été un tantinet plus polémique. Embrasser le Duc Fitzalan-Howard avait passablement éclipsé mon geste au profil d’une envie de rire qui avait prit chacun des invités ce soir là, avant que ce ne soit l’apocalypse. Lexia se leva et dans un geste conjugué je me levais aussi. Elle s’éclipsa dans la cuisine pour aller probablement justifier sa sortie de ce soir à son père qui n’avait pas l’air décidément commode. Dans un hasard plus que contestable, le père de Lexia entra dans la pièce et se laissa tomber sur le canapé après avoir mis en route un DVD de Bones. Un silence pesant s’installa, loin des sarcasmes et plaisanteries que j’avais échangé avec Lexia quelques minutes auparavant. Une toux perturba cependant mes tergiversations, Henley père m’avait adressé la parole. A cette question fatidique j’avais appris à répondre avec le plus de naturel possible, toujours souriant, conscient qu’il s’agissait là d’une vérité pour le moins partielle. Je ne doutais pas que le père de Lexia apprenne un jour que sa fille était sortie prendre un verre avec acteur porno après sa rupture avec Apollon, mais je préférais dans l’interêt de Lexia, ne pas citer les « films » dans lesquels j’avais fait une apparition.

- Et vous faites quoi dans la vie ? Sans indiscrétion bien entendu...
« Je suis acteur. »
- Ah.

A cette question fatidique j’avais appris à répondre avec le plus de naturel possible, toujours souriant, conscient qu’il s’agissait là d’une vérité pour le moins partielle. Je ne doutais pas que le père de Lexia apprenne un jour que sa fille était sortie prendre un verre avec acteur porno après sa rupture avec Apollon, mais je préférais dans l’intérêt de Lexia, ne pas citer les « films » dans lesquels j’avais fait une apparition. La brune fit enfin son entrée et la tenue soignée qu’elle arborait contrastait étonnamment avec l’espèce de pyjama informe qu’elle portait jusque là. Simple baiser sur la joue de son paternel, elle s’avança vers moi sous les ondulations de la robe grise qu’elle avait décidé de porter en dépit de mon avis. Je ne pouvais qu’admettre qu’habillée et maquillée ainsi, elle disposait là de toutes les armes de séduction qu’on puisse souhaiter à une femme. Soit, ce soir Lexia Henley allait amonceler son retour sous les feux de la rampe et j’étais ravi qu’elle s’y risque enfin. Une fois à l’extérieur, elle s’adressa à moi, j’haussais les épaules avant de sourire.

« On va boire un verre je te l’ai déjà dit. Ou j’en sais rien encore. On s’en fiche ? » J’éclate d’un rire avant d’avancer vers le taxi appelé il y a une vingtaine de minutes qui est déjà garé devant l’allée. Dublin four n’étant pas essentiellement loin du centre, nous n’avions pas mis longtemps à arriver à destination. Dublin, centre ville, des pubs à perte de vue aux couleurs toutes plus clinquantes les unes que les autres. Je me demandais qui du trèfle ou de la bière avait l’exclusivité symbolique de représenter le mieux le pays. D’un bref signe de tête j’indiquais un pub à Lexia qui semblait convenir au niveau d’ambiance et de la clientèle, puisque sur la carte des prix il y avait de quoi dissuader un bon nombre d’alcooliques aux revenus modestes. En parlant d’alcoolique, une fois à table je penchais la tête pour mieux voir si au fond de la salle ne trônait pas Edward, mais je ne reconnaissais aucune tête connue. Quelques têtes s’étaient cependant tournées sur le passage de Lexia, bien entendu au courant de l’histoire fortement médiatique du Velvet. Je commandais pour deux, sachant mieux que personne qu’un petit remontant ne pouvait que lui faire du bien. « J’imagine que je devrais avoir honte d’inviter l’ex de mon ex à boire un verre en sachant pertinemment que ce sera très mal interprété… » Je lançais sur le ton de la conversation sans me défaire d’un sourire amusé qui exprimait une certaine indifférence aux lois morales post ruptures. Le serveur et son sourire commercial s’avança à notre table pour nous servir puis s’adressa à Lexia.

- Excusez moi Mademoiselle Henley, mais j’aimerai savoir si la rumeur est vraie, vous allez réellement arrêter de présenter le Who are they ?

L’homme semblait véritablement affecté par la rumeur qui courrait depuis que l’émission de la semaine précédente avait été annulée et mon regard se porta sur Lexia qui je l’espérais recommencerait le plus tôt possible a prouver qu’elle était capable de remettre n’importe quelle célébrité trop prétentieuse à sa place. La seule chose dont Lexia devait être sûre avant de reprendre était d’être capable d’encaisser les répliques cinglantes et question dérangeantes sur ce qui s’était passé au Velvet avec Apollon MacNeil. Enfermée une semaine entière chez elle, elle ne s’était pas encore réellement confrontée à l’extérieur, aux rumeurs, et aux explications que les gens réclamaient lorsqu’un couple aussi médiatique qu’ils pouvaient l’être se séparaient. J’approchai mon verre de mes lèvres et prenais une gorgée. La musique d’ambiance n’était pas mauvaise et les gens avaient détourné le regard, ce qui nous laissait un brin d’intimité si l’on pouvait bien sur appeler cela comme ça. L’atmosphère sembla tout à coup moins pesante.


[J'ai fait pile le même nombre de mots que toi haha. Smile]


Dernière édition par Tristan Warren Delacour le Mer 11 Aoû - 1:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: What are you waiting for ? • Lexia&Tristan   Mar 10 Aoû - 15:22

    Titanic ? Il n'était tout de même pas sérieux, là ? Il n'y avait rien de pire que ce film, débile à souhaits. A mon sens, il ne valait pas du tout ses onze oscars et je préférais des films plus tranchants d'émotion à ce navet du box-office. En démontrait les larmes coulant sur mes joues, sans doute. Oui, pour ce genre de choses, j'étais une véritable fille sentimentale, que peu de gens connaissait. Cela changeait de ma personnalité au cœur de pierre que l'on dépeignait dans les journaux et que j'entretenais dans mon émission, après tout.
    - T'as vraiment des gouts de merde, pour un français.
    Oui enfin, pas si on en jugeant au contenu du sac. C'était même limite inquiétant, de voir autant de fringues aussi chers dans un même paquet, comme si de rien n'était. Et tous à la bonne taille, apparemment. Ça, c'était plutôt flippant. Je ne voulais même pas savoir comment il avait su la taille des vêtements que je portais. Pas sure que la réponse à cela me plaise, en fait. Je me contentais donc d'une réponse bateau à son cadeau, ne sachant pas trop si je devais l'en remercier ou non. Et, bien entendu, il en profita pour se jouer de moi, une fois n'étant pas coutume, reprenant aussitôt les sac en se moquant de moi. Il eut à peine le temps de les soulever que je les rattrapai d'un geste vif, les plaquant sur mes genoux.
    - Fallait pas mais maintenant que c'est là, j'vais pas cracher dessus...
    Ça avait vraiment les moyens de se payer ce genre de vêtements, un acteur porno ? Je crois que, ça non plus, je ne voulais pas le savoir.

    L'avantage, avec Tristan, c'est qu'il avait le don de me sortir de mes sombres pensées. De me sortir de mes pensées, tout court, en fait. Véritable handicapé émotionnel -d'après moi-, il mit immédiatement court à mes jérémiades à propos de sa pseudo-culpabilité sur ce qui s'était passé. Il n'avait pas tord, dans un sens, de n'éprouver aucun remord. Tout cela était ma faute, je le savais. Moi et mes stupides rêves trop réalistes. Et Lady Gaga. C'était la faute de Gaga aussi, tiens. Et un peu lui pour m'avoir embrassée en premier. Mais surtout moi, en fait et...
    - Attends... T'as fait quoi ?
    Mon rasoir ? Le mien ? Mon regard parcourut rapidement son corps. Aisselles, torse... Plus bas ? Une chose de plus à mettre sur la liste des réponses que je ne voulais pas savoir, bien entendu. Je réprimais une grimace dégoutée, à la simple idée d'imaginer qu'il m'ait emprunté plus que mon rasoir. Enfin, ce n'était que de bonne guerre, je lui avais piqué son lisseur et quelques crèmes pour cheveux à maintes reprises.

    Je décidai alors que sa proposition n'était pas aussi mauvaise que cela. J'avais besoin de sortir, de montrer au monde que j'étais toujours vivante, plus en forme que jamais. M'afficher à son bras jouerait parfaitement la carte de la provocation dont j'avais besoin pour montrer que ce qui s'était passé ne m'affectait pas plus que cela. Et puis, il n'était pas si mauvaise compagnie que cela, après tout. J'allais même passer une bonne soirée, avec un peu de chance.
    Enfin, si l'on oubliait les perpétuelles piques qu'il me lançait. Pire que moi ce mec.
    - Ta gueule, c'est la mode... Pour les fillettes de huit ans.
    J'avais bien le droit de porter ce que je voulais comme pyjama, après tout. Pas comme si j'allais me balader en nuisette satin et dentelle devant mon père, non plus. Je n'eus pas le temps de réagir plus que cela qu'il me lançait déjà une autre pique. Et que je lui lançais le coussin à la figure d'un geste vif, aussi violent que possible, signifiant clairement que ce genre d'activité n'était pas dans mes projets actuels. Ni avec lui, ni avec personne. Pas sans au moins un litre de vodka dans le sang, du moins.

    Il me fallut à peine dix minutes pour me préparer. Oh, bien entendu, j'aurais pu prendre une heure, comme toute femme voulant se faire désirer. Mais laisser Tristan au salon avec mon père ne devait pas vraiment être l'idée du siècle. Il ne lui aurait rien fait de mal, bien entendu, mais mieux valait prévenir que guérir. Je passais donc la vitesse supérieure, excitée à la simple idée de sortir de ma grotte. Aller faire le tour des bars seule n'était pas vraiment amusant et avoir un ami avec qui passer la soirée me plaisait plus que de raison. Peut-être parce qu'il s'agissait de Tristan. Très probablement, même.
    Il ne fallut pas cinq minutes de plus pour être dehors, allant... Nul part et partout à la fois, sans doute. C'était étrange. Sortir ainsi de ma petite vie rangée d'avec Apollon. Plus de plans de vie, plus de soirées préparées trois mois à l'avance. Spontanéité et liberté, insouciance. Cela me faisait un bien fou. J'avais l'impression de retourner quelques années en arrière, lorsque j'étais étudiante à Oxford et que l'on passait la nuit à faire le tour des bars, biens amochés pour les partiels du lendemain matin.
    Monter dans le taxi, arriver au centre ville, descendre, entrer dans l'un des bars les plus chics du coin. Le genre uniquement empli d'hommes d'affaire venant prendre un verre avant de rentrer chez eux et non d'étudiants prêts à faire des concours de boisson jusqu'au bout de la nuit. Ce n'était pas plus mal, sans doute. Même si l'on avait d'autant plus de chance de croiser Edward... Chose que je ne désirais guère, bien entendu.

    Je sentais les regards se retourner à mon passage. Classique. Je connaissais cela par cœur, à force. Le doute quant à savoir s'ils m'avaient bien reconnu, la surprise que ce soit bien moi, l'admiration pour certains, le dégoût pour d'autre. Mais, cette fois, l'on s'arrêta à la surprise collective. Oui, j'étais de sortie, sans mon fiancé, cela posait problème à quelqu'un ? J'osais simplement espérer qu'aucun ici n'avait des penchants pervers qui lui aurait permis de reconnaître Tristan. Je préférais un « Lexia Henley a déjà trouvé un remplaçant à Apollon » qu'un « Après le musicien, l'acteur porno, elle doit grimper au rideau ! » dans les magasines demain. Simple question de principes, bien entendu.
    Je m'installais face à lui à l'une des tables, le laissant passer commande pour deux avant de n'éclater franchement de rire à ses paroles. Fouillant dans mon sac, j'en sortis un paquet de cigarettes et un briquet, m'en allumant une. Tout en faisant cela, je lui marmonnais une réponse amusée.
    - Comme si on en avait quelque chose à foutre de ce que les gens pense de nous.
    Haussement de sourcils alors que je soufflais doucement la fumée. Déjà, le serveur nous rapportais nos boissons. Je ne m'intéressais vraiment à lui que lorsque je remarquai qu'il restait un peu trop longtemps à la table à mon goût. Et je n'en fus pas déçue, bien entendu.
    - Pardon ?!

    Arrêter de Who are they. Comme si j'en étais capable. Yeux grands ouverts, incrédule, n'arrivant à comprendre d'où cette folle idée pouvait sortir. Ce n'était pas la première fois que je ratais une émission, d'ailleurs. En fait, cela faisait la troisième, en deux ans d'émission. Une parce que je m'étais retrouvée mariée à Vegas, une parce que l'invité avait vu son avion annulé à cause du volcan islandais. Et cette semaine. Dingue comment les gens pouvaient paniquer lorsque leurs habitudes télévisuelles venaient à être bouleversées.
    Je pensais l'espace d'une seconde à sortir un joli mensonge, mais personne n'y aurait cru. On savait tous pourquoi j'avais loupé cette émission-là, après tout, clouée dans mon lit d'hôpital. Je me contentais donc d'un simple sourire, jouant la carte de la sincérité.
    - Il ne faut tenir en compte que les déclarations officielles de mon agent ou de la chaine. Je ne sais pas d'où vient cette rumeur mais je serais là samedi. C'est Taylor Momsen, cette semaine, je crois.
    Nouveau sourire, alors que le serveur semblait se satisfaire de cette réponse, tournant les talons pour rejoindre son comptoir. Je soupirais silencieusement, me demandant combien de temps j'aurais à subir les questions des gens. Trop longtemps, sans doute.

    Gorgée de boisson, vodka brûlant ma langue, me faisant toussoter légèrement. Si je n'avais jamais réellement tenu l'alcool, en boire à nouveau après quelques mois d'abstinence était plus violent que retrouver mes vulgaire mais sacro-saintes cigarettes. Je reposais donc le verre, me contentant des bouffées de fumée qui encrassaient mes poumons. Pour l'instant du moins.
    - Tu... Il t'a vraiment foutu dehors, j'imagine ?
    Je n'avais aucune idée de l'endroit où il pouvait vivre, maintenant. L'hôtel, sans doute, bien qu'il ne pourrait pas se payer indéfiniment un logement à la nuit. S'installer à Dublin ou retourner à Paris ? Bonne question. J'espérais secrètement la première idée. Je ne m'étais que trop habituée à sa présence et, entre Alice distante et Edward vacant à ses occupations de Duc, il était encore l'une des rares personnes à se soucier un tant soit peu de moi. Son absence ne laisserait qu'un trop grand vide, impossible à combler.

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    « Félicitations tu vas bientôt toucher le fond, c’est bien. » Et alors il s’est passé quelques choses, je me suis laissé aller, dans un total oubli de moi même envahi par la nuit le silence et la plénitude. J’avais trouvé la liberté. Perdre tout espoir, c’était cela la liberté.
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Tristan Warren Faure

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MessageSujet: Re: What are you waiting for ? • Lexia&Tristan   Mer 11 Aoû - 0:57

Quand on se faisait un bon pactole de fric par l’intermédiaire de l’industrie du X, on pouvait considérer les préjugés et les mauvais jugements comme arbitraires et s’en foutre éperdument en effet. J’agréais d’un vague signe de tête, sans me départir d’un sourire amusé et pétillant qui allait de paire avec mon tempérament particulièrement changeant. Elle grilla une cigarette et je lui empruntais le paquet pour l’imiter sans le moindre scrupule. Tirant sur ma première taf j’inspirais la fumée pour l’expirer doucement ensuite tandis que Lexia s’expliquait avec le serveur à propos du Who are they. Nouvelle gorgée, l’alcool pur me brûlait la gorge, et j’aimais particulièrement la sensation grisante que cela procurait. Me désintéressant un instant de leur conversation, je n’en entendais plus que des bribes, tandis que mon œil effleurait la salle bondée sans pour autant lui porter une attention particulière.

La conversation dériva sur Apollon et sur ma chambre d’hôtel immense et cette idiote de bonne qui pliait mes caleçon en éventail sur mon lit le temps que j’aille explorer le spa probablement pour prouver qu’elle aurait su certainement être décoratrice d’intérieur dans une autre vie. J’affichais un sourire avant de faire tinter mon verre contre celui de la brune. « Évidemment qu’il m’a foutu dehors, mais j’ai eu plus de chance que toi, j’ai eu le temps de récupérer toutes mes affaires et d’inviter deux trois strip-teaseuses dans sa piscine pour solder cela de façon théâtrale et originale. T'aurais du voir sa tête, il était hors de lui. » Oui quelle chance j’avais eu là, Lexia en revanche avait probablement du perdre notre rasoir fétiche dans la permutation immobilière. « Notre pauvre rasoir rose…Il me manquera honnêtement. » Fis-je faussement triste. « Mais si tu veux tout savoir je vis à l’hôtel, évidemment je n’ai pas à passer l’aspirateur, ou à faire la cuisine mais notre petite vie de famille me manquerait presque. » J’avais ajouté à cela un petit rire qui soulignait particulièrement l’ironie de la phrase. Plongeant une nouvelle fois mes lèvres en direction du liquide ambré, je me débarrassais de la dernière gorgée restante alors que mes membres eux semblaient se détendre avec douceur. Devant la pénurie d’alcool qui s’amoncelait à notre table, le serveur n’avait su que réagir avec l’instinct d’un professionnel pour nous resservir, sous les directives de mes regards encourageants.

« Je ne sais pas ce que je vais faire, si je reste ici ou si je repars à Paris, la logique voudrait que je m’en aille, puisque j’étais venu à la base te voler ton fiancé, mais mise à part votre bouffe honnêtement dégueulasse, je commence à aimer cette ville. »

Dublin ville de la bière, des irish coffee et des groupes de rock dont je chantais les paroles de façon approximative avec un fort accent, qui donnait une impression globale de yaourt, j’aimais Dublin. Rester sous entendait s’installer, prendre un appart, vivre aussi seul que Fitzalan-Howard, voir trop de filles et épuiser le stock de sucettes au cola devant un téléfilm allemand. Retourner à Paris c’était se farcir la gay pride avec Adrien et Jules, enfiler des jupettes roses parce que c’est censé être fun, regarder les même téléfilms mais pas en version originale, et pour finir participer à secret story avec un secret moisi, me taper la bimbo blonde et le don juan hermaphrodite dans la même soirée avant de me faire accuser de nymphomane par un candidat. Les soirées parisiennes ne me manquaient pas tant que cela au final en y réfléchissant bien, fuir à Londres, c’était complètement con mieux valait rester à Dublin, même si le prix a payer était de se manger un coup de boule par Apollon pour avoir fraternisé avec l’ennemi.

« J’ai pas envie de participer à Secret Story. » Fis-je solennellement, avant de reporter mon regard sur Lexia qui n’avait malheureusement pas pu suivre le cheminement pour le moins étrange de mon esprit malade. « Il faut que je songe à me trouver un appart, un truc sympa, même si le spa va me manquer c’est certain. »

Au troisième verre, je n’avais plus vraiment les idées claires, si bien sur il était possible de considérer que j’ai pu les avoir claire un jour avant ce soir là. Ma vision se brouillait, et la musique semblait pulser dans mes veines. J’étais ailleurs tout en étant là, sensation de fatigue joyeuse, je n’étais plus un modèle de sobriété. Un léger rire s’échappa de ma gorge sans qu’il n’y ai de raison indépendante à la prise d’alcool. Je déposai mon regard translucide dans celui de Lexia un sourire au lèvres. « Il y a eu un grand changement dans ma vie. Je crois que je ne n’aime plus les mecs. Tu crois que je vais changer d’avis souvent comme ça ? » Je ris une nouvelle fois avant de boire encore et encore, laissant l’ivresse s’infiltrer dans mes veines et détendre ma mâchoire au profil d’un de ces sourire béats que l’alcool offre souvent avant le mal de crâne. Le lendemain serait particulièrement difficile, mais comme tout les types bien lancés dans leur délire je ne pensais pas à Dolly Prane, juste à Jack Daniels. Erreur, probablement. J’affichais une moue de sale gosse capricieux avant de terminer par un sourire amusé sur lequel se dépeignait la malice.

« Allez viens on s’en vaaaa. J’m’emmerdeee. Viens on va se baigner dans la piscine de MacNeil, il est pas là et…J’ai pas de piscine à Paris. » Je me levai brusquement manquant de foutre en l’air la table avant d’attraper le bras de Lexia et de la tirer à l’extérieur. L’air frais me fit du bien mais ne me rendit pas l’esprit clair pour autant. Riant comme un gosse je tournai sur moi même en chantant. « Voulez vous coucher avec moi ce soir Mhm. Guiche Guiche ya ya dada Guiche Guiche ya ya hereee. » Je marchais joyeusement accompagné de Lexia guidant tout en ne sachant absolument pas ou aller. N’étais-je pas un pauvre français qui aimait à se faire indiquer le chemin ? Tout semblait n’avoir aucune foutue importance, j’étais comme un perdu dans un monde parallèle dont je ne maîtrisait rien appréciant seulement l’effet diaboliquement encensant que procurait cette perte de contrôle. Un travesti ou ce qui ressemblait étranger à un homme déguisé en femme s’approcha de nous pour nous demander une cigarette, piquant une de celle de Lexia, je lui tendais bravement.

« Tiens mec, savoure la mec. J’aime bien ton déguisement. » J’éclatai d’un nouveau rire comme si la moindre petite broutille avait le potentiel humoristique de Gad Elmaleh au sommet de sa gloire avec ses sketches sur le blond. Mon dieu ce que l’alcool pouvait avoir un effet nocif sur le fonctionnement de mes neurones. J’excellais dans le rôle de l’imbécile heureux à l’accent de merde qui s’accentuait lorsque mon sang semblait composé à 90% de Whisky. L’envie d’aller de connerie en connerie me prenait. Je voulais écrire des obscénités sur les boites aux lettres, m’offrir un bain de nuit dans la piscine d’Apollon, m’allonger dans l’herbe d’un parc sinistre et regarder les étoiles avant qu’un dealer ne me demande de déguerpir et de le laisser travailler en paix. Je voulais faire tout un tas de choses plus absurdes les unes que les autres, comme si ma conscience s’était elle même échappée comme les volutes ténus d’une fumée de cigarette.




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MessageSujet: Re: What are you waiting for ? • Lexia&Tristan   Mer 11 Aoû - 17:35

    Nous nous retrouvions tous deux SDF, comme c'était drôle. Enfin, ou presque. J'avais joyeusement retrouvé la maison de mon enfance, que trop longtemps abandonnée, et lui s'amusait comme un petit fou dans son hôtel hors de prix. Chacun son truc, après tout. Je ne pouvais m'empêcher de penser à Apollon, seul dans sa grande maison vide, abandonné. Plus personne pour le faire chier alors qu'il jouait de la guitare. Il devait être tellement heureux de ce silence... Me rendant compte que, partie ainsi, j'étais bonne pour déprimer à nouveau, je pris mon verre et le vidai d'un trait. L'alcool me brulait la gorge, les poumons, l'estomac, mais faisant tousser bruyamment alors que je pressais mon poing fermé contre mon torse. Quelques clignements d'yeux, devenus soudainement troubles. Damn, j'avais oublié que je tenais aussi peu l'alcool...
    - Not' pauvre rasoir, tout seul abandonné... J'en ai racheté un. Un bleu. Tellement plus viril.
    Je souriais, bêtement sans doute, ne sachant même pas pourquoi j'avais dis cela. Est-ce que cela avait la moindre importance, après tout ? Verres vides devant nous, que le serveur vint bien vite remplir à nouveau. J'hésitais, avant de ne le saisir -le verre, hein, pas le serveur- et de le boire cul sec également, le reposant sur la table d'un air victorieux... Que je ne garderais sans doute pas longtemps. Mais tant pis.

    Il m'expliquait alors qu'il n'était venu là que pour Apollon. Tiens, je n'avais pas deviné... Il pouvait bien le reprendre si cela lui plaisait, je n'en voulais plus, de toutes façons. Même si j'osais espérer que Tristan ne se rapprocherait pas d'Apollon, maintenant qu'il avait le champ libre. Cela paraissait égoïste mais cela ne l'était en rien. Il avait beau faire dans le X, même lui valait mieux que cela. Ouh, il me fallait un autre verre.
    Bouffée de tabac pour compenser le manque d'alcool, froncement de sourcils pour compenser le total manque de compréhension de ses paroles. Secret quoi ? Okay, laisse tomber, un truc de français, quoi. Je m'efforçais de ne pas avoir un petit rire aigu comme une stupide groupie quand elle ne comprend pas un traitre mot de ce que le beau gosse raconte mais rit quand même pour bien se faire voir. Je n'avais pas toucher tant que cela le fond, si j'arrivais encore à retenir des rires idiotes. J'en étais presque fière de moi.
    - T'inquiètes poulette, je t'offrirais le jacuzzi pour Noël, ça compensera.
    Cela serait folklorique, s'il restait définitivement en ville. Dublin ne tiendrait pas le choc, sans doute, moi non plus si je continuais de le fréquenter. Mais je n'en avais cure. S'il pouvait apporté le léger grain de folie qu'il manquait à ma vie, alors cela me suffisait. Tant pis si je manquais de mourir, saoul, dans le caniveau, à chaque soirée ensemble. Quelque chose me disait que le jeu en valait la chandelle.

    J'éclatais d'ailleurs d'un rire franc en l'entendant parler. Je ne pus m'empêcher de me rapprocher de lui au dessus de la table, passant un doigt sur mes lèvres d'un air provocateur.
    - Mais darling, t'as embrassé Lexia Henley. Ça te change un homme, ce genre de choses.
    Les princesses pouvaient changer les grenouilles en princes charmants, moi je changeais les gays en hétéro. Chacun son truc. Enfin, ce n'était sans doute pas lié. Ou sans doute que si. Ou peut importe. J'aimais à penser que j'avais rendu Apollon puis Tristan hétéro. Petite gloire personnelle, ou truc du genre.
    Le serveur s'approcha une fois de plus pour remplir nos verres, j'en profitais pour le vider aussi sec. Je sentais son regard surpris, n'en avais cure. Il hésitait à me servir à nouveau, sans doute, mais n'en eut pas le temps. Tristan se levait d'un bond, m'entrainant à sa suite sans autre forme de procès, sans même me demander mon avis.
    - Hey ! Hey, stop ! Doucement ! Lâche-moi ! On a... On a même pas payé, bordel !
    Je me retournais vers le serveur, faisant des signes incompréhensibles de ma main libre du genre « vous inquiétez pas, j'reviens payer demain ». A sa mine effarée, je compris que lui n'avait pas compris, justement. Tant pis. Ça attendrait.
    Le vent m'attaqua, comme une baffe en pleine figure, me faisant frissonner. Tiens, je n'avais même pas pris de veste. Idiote. Tant pis. Le froid mordant, malgré l'été, me remit légèrement les idées en place, ce qui ne semblait pas être le cas de Tristan. Je m'allumais une nouvelle cigarette en ricanant de son terrible accent alors qu'il chantait ce truc tellement cliché. J'avais entendu dire que les gamines françaises adoraient qu'un anglais leur susurre cela à l'oreille. C'était d'une débilité tellement niaise que je me demandais comment elles pouvaient être charmées par cela. Les mystères du genre humain.
    - Viens darling, on s'tire de là.

    Mais je n'eus même pas le temps de le tirer par la manche qu'il m'arrachait presque ma cigarette de la bouche pour l'offrir à je ne savais qui. Hum, partage de salive, trop cool. Je ne pus m'empêcher de rire à cette simple idée qui n'avait pourtant rien de drôle. Okay, moins sobre que ce que je croyais, au final. Un fois le bonhomme bizarre parti, j'eus tout le loisir de tirer mon français par la main pour l'entrainer à ma suite dans les rues de Dublin. Ou le long de la rue principale de Dublin, plutôt, même si ce détail ne changeait pas grand chose au final, en fait. Enfin, si, dans mon esprit, cela avait la plus grande importance. Etrange.
    Nous arrivions bientôt sur les bords de la Liffey, déserts en cette heure. Ne restait plus qu'à traverser la route pour se retrouver sur les quais aménagés et je pris la main de Tristan dans la mienne pour courir au travers, riant comme une enfant. Je m'approchais du bord de la rivière, m'asseyant sur le petit muret pour enlever mes hauts talons, les tenant d'une main. Posant l'autre sur l'épaule de Tristan, je pris appui sur lui pour grimper sur le muret. Une main toujours sur son épaule, l'autre bras tendu pour garder un minimum d'équilibre, je faisais quelques pas, telle une mauvaise funambule.
    - Je sais pas nager. Si je tomber, pouf, je meurs.
    Petit rire, alors que l'idée ne semblait pas m'effrayer plus que cela. Quelques mètres encore, entrainant Tristan à ma suite, avant de ne m'arrêter et de me tourner vers lui. Perdant légèrement l'équilibre, je me sentais partir en arrière, moulinant inutilement des bras pour ne pas tomber, avant de me rattraper à lui, une main sur chacune de ses épaules, en riant une fois de plus.
    - T'es trop bien coiffé, ça fait moche. T'es plus mignon le matin quand tu tombes du lit, avec les cheveux n'importe comment.
    Geste accompagnant la parole, alors que je passais les mains dans ses boucles de chocolat, les ébouriffant autant que faire se pouvait. Large sourire à mes lèvres en admirant le résultat.
    - Voilà, t'es tout beau.

    Nouvel appui sur ses épaules pour sauter et retrouver la terre ferme. Bien entendu, il fallait que je rate mon coup et que je me croque la cheville. Dans un gémissement de douleur, je me raccrochais à ce que je pouvais pour ne pas tomber à même le sol, soit... A lui, bien entendu, sautillant sur mon pied encore vivant, me mordant la lèvre pour ne pas hurler.
    - Putain, manquait plus que ça, le ventre suffisait pas.
    Sautillements de lapin en arrière pour aller m'assoir sur le muret qui avait voulu ma mort, massant doucement ma cheville douloureuse. Pas de foulure, rien de casser, bien heureusement. Juste la douleur qui finirait bien par partir dans une minute ou deux. Cela n'arrivait qu'à moi, ce genre de choses.
    - Continues sans moi, j'vais te retarder.
    Voix d'outre-tombe dans une mauvaise imitation des films de guerre, levant le regard sur lui pour lui sourire doucement. Si j'avais su, deux heures plus tôt, que ma soirée ne serait pas de tout repos, je ne l'aurais sans doute pas cru. Ils ne me manquaient plus tant que cela, mes fidèles DVDs.

• • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

    « Félicitations tu vas bientôt toucher le fond, c’est bien. » Et alors il s’est passé quelques choses, je me suis laissé aller, dans un total oubli de moi même envahi par la nuit le silence et la plénitude. J’avais trouvé la liberté. Perdre tout espoir, c’était cela la liberté.
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MessageSujet: Re: What are you waiting for ? • Lexia&Tristan   Jeu 12 Aoû - 1:48

Ce rasoir toute une histoire. J’avais d’abord flashé sur la couleur rose fushia pétante, puis j’avais cédé à l’envie de l’emmerder, à la fin c’était devenu une sale habitude bien difficile à perdre. Nostalgie. Elle disait en avoir acheté un bleu pour le remplacer, c’était d’une tristesse ! Je laissais échapper une volute de fumée tout en marchant bras dessus, bras dessus avec l’ex fiancée de mon ex dans la capitale, non conscient de la réalité et des gens qui pourraient trouver le tableau particulièrement étrange. Je posai mon regard dans ses prunelles et lui attrapai les mains avant de déclarer d’une voix particulièrement douce et solennelle. « J’irais le chercher je te le promets, c’est notre rasoir. » Plus symbolique que la bague de fiançailles de grand maman d’Apollon, le rasoir rose de Lexia était une relique parmi les reliques, le dernier de son espèce, si l’on était pas du genre à fréquenter les magasins et superettes. « Même si pour ca je dois sauter des barrières de fils de barbelé et me prendre un coup de boule par notre ex. Plus probable si tu veux mon avis. » Un léger sourire s’afficha au coin de mes lèvres, donnant son côté humoristique à mes précédentes déclarations. Le sujet de ma sexualité bien que très maladroitement abordé, semblait l’intéresser et dans une phrase que l’on aurait pas pu qualifier de modeste, elle fit un lien pour le moins bancal avec le baiser qu’elle m’avait donné au Velvet. Il y avait peut être de cela, mais rien que pour le plaisir d’être enquiquinant je rajoutais…

« Sortir avec Apollon MacNeil et se faire larguer comme une merde, ça aussi ça change un homme, tu peux me croire. »

Remarque acide, je n’aurais su me passer de celle là, facile et à la fois tellement véridique. Pleurnicher après un mec capable de partir du jour au lendemain sur un coup de tête ou après une connerie un peu trop provocante à son goût, le genre de mec à vous rendre dépressif sans avoir pourtant l’étoffe d’un grand tyran, ça change un homme ça aussi, l’égo en prenait un coup et on n’avait pas forcément l’envie de réitérer l’expérience. J’éclatai d’un léger rire, l’alcool diluant toute pensée trop lucide.« Maaaais je reconnais que tu n’es pas mauvaise pour une irlandaise. »
Ma raison s’effritait, je ne reconnaissais plus grand chose, je suivais joyeusement sans me préoccuper de l’air froid qui mordait ma peau. Mes réflexes alourdis par l’ivresse m’empêchaient de me rendre compte que la belle s’était mis en tête de jouer avec sa vie en jouant les funambules amatrices sur les remparts qui la séparaient de l’eau. Je m’approchai dans un geste lent pour lui tendre un bras malhabile. « Descend de lààà tu vas te faire maaal, j’ai dis dans la piscine de MacNeil, pas dans ton grand lac moche là. » Déséquilibre, elle tomba et je tendais un bras pour l’empêcher de se faire mal. Me délectant de mes dernières pensées lucides je joignais mes rires aux siens. Elle passa sa main dans mes cheveux pour foutre en l’air une bonne heure de dur labeur avec mon fer à lisser, mais je continuais à rire et à geindre faussement sans perdre mon sourire.

« Lexiiiaaa mes cheveuuuux. »

Je riais comme un sombre crétin, j’avais l’impression de n’exister qu’à travers ces rires. Elle complimenta son travail de déstructuration capillaire, et je la regardais en haussant un sourcil, jusqu’à ce que le mot « beau » ne vienne s’ajouter à la liste des adjectifs me concernant et ne me déclenche au passage un nouveau rire. « J’me disaaaais bien qu’yavait un truc louche dans ton comportement, c’était pas normal que t’apprécie l’ex de ton ex, en fait t’es attirée par moi. Tout s’explique. » Rire, encore, je ne savais plus discerner la plaisanterie du sérieux et il devait en être de même pour elle si ce n’est pire. Sous l’emprise de l’alcool j’étais particulièrement difficile à suivre, passant du coq à l’âne sans raison particulière, parlant sans réfléchir et enchaînant les idées foireuses, elle éprouverait les plus grande difficultés à trouver du sens à mes paroles tout comme à mes actes, j’étais un grand fanatique d’absurdités. Lexia s’entêta à vouloir retrouver le sol mais ce ne fut pas sans difficultés. Un crac, puis une chute. Je m’agenouillais près d’elle et l’aidais à se relever non sans une moquerie inhérente à ce genre de situations. « Tu tiens vraiment pas debout toi, laisse faire le professionnel. » Je l’installais doucement mais sûrement sur mon dos et me relevai pour avancer tranquillement avec Lexia sur le dos, bien que titubant légèrement. Un couple passa près de nous, et la fille sembla nous reconnaître. Les yeux brillants d’excitation, elle s’avança vers Lexia et moi pour nous prendre en photo. Le flash fut particulièrement aveuglant et je fermais les yeux tandis qu’elle débitait a un rythme particulièrement impressionnant.

- Lexia Henley ! J’y crois pas ! Je suis toutes vos émissions ! J’ai appris pour Apollon, mais je ne croyais pas au rumeur qui circulaient au sujet de son ex, vous êtes vraiment séparés alors, vous avez vraiment rompu vos fiançailles ? Fit la jeune fille en affichant une moue d’enfant qu’on aurait privé de Noël. Pour ma part c’en était trop j’éclatai à nouveau de rire.

« C’est moi l’ex ! Je lui ai volé sa fiancée, tu vois bien qu'ils vont pas se remettre ensemble…Elle est heureuse avec moi, hein que tu m'aimes ? » Elle sembla offusquée par ma plaisanterie, mais je ne pouvais pas m’empêcher de rire, laissant Lexia démentir mes conneries ou non ne me sentant que très peu concerné par cette engouement médiatique qui tournait autour de cette relation Lexiolon. « Bon tu nous laisses partir ou pas ? C’est pas que cette conversation m’emmerdeee mais j’ai un rasoir rose à récupérer ma belle, et Apollon est merdique comme ex, je ne te le souhaite pas. Tu sais pas ce que c’est les ménages à trois toi ça se voit, on ne pouvait même pas regarder un téléfilm parce que monsieur dormait à quinze heures de l’après-midi, il était toujours fatigué. Pour ce qu’il foutait de ses journées. » Je lui adressais un sourire avant d’avancer plus rapidement Lexia toujours sur mes épaules, jusqu’à ce qu’un taxi passe devant nous. Je l’arrêtai d’un bref signe approximatif de main. Je laissais Lexia descendre de mon dos et s’installer à l’intérieur, puis je montai à sa suite. Posant une main sur la banquette de cuir, je déposai mon regard dans celui de la présentatrice avant de sortir de ma poche un double de clé qui permettait d’entrer chez MacNeil sans n’avoir ne serais-ce qu’une seule serrure à forcer. « Alors on va le chercher ce rasoir ? » Je souriais amusé en agitant les clés. « Je crois qu’il a oublié de les reprendre celles-là. Ca facilite vraiment les choses, j’aurais aimé te voir forcer sa serrure… » avais-je chuchoté d’une voix mi amusée, mi perverse.

J’indiquais l’adresse de la villa au chauffeur et le taxi démarra en trombe, offrant un ballet de lumières tamisées et de néons. La vitesse semblait décuplée par ma prise trop importante d’alcool, j’ouvrais une fenêtre, laissais l’air s’engouffrer dans ma chemise. Je grillai une nouvelle cigarette, laissant Lexia la partager, elle qui m’avait gentiment fait profiter d’une des siennes. Le taxi s’arrêta et nous descendions. Je tendais les clés à Lexia et affichait un nouveau sourire. « Fais comme chez toi. »
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MessageSujet: Re: What are you waiting for ? • Lexia&Tristan   Jeu 12 Aoû - 18:15

    - Et ça te change une femme aussi, crois-moi.
    Sursaut de sarcasmes entre deux rires débiles, sursaut de conscience aussi avant de ne retomber dans ma torpeur alcoolisée. J'avais décidé de ne plus penser à lui ce soir mais trainer avec l'ex de mon ex aidait aux souvenirs, apparemment. Tant pis, il fallait bien que je vive avec, après tout. Et puis, trouver quelqu'un avec qui être acerbe sur le sujet, ce n'était pas plus mal, aussi. Mon ironie se transforma en rire gras ensuite. Pas si mal ? Okay, les françaises avaient le monopole du french kiss mais j'avais de l'entrainement également, sur ce sujet. Un peu trop, même, d'après mon père et les médias. Mais on n'avait qu'une vie, après tout, et j'allais pouvoir recommencer à m'amuser joyeusement avec les célibataires -ou non- de la ville maintenant que je n'avais plus la bague au doigt.
    - Et attends de voir. Y'a plein d'autres trucs que je fais super bien, aussi.
    Okay, ça, j'allais regretter de l'avoir dis, demain, quand j'aurais la gueule de bois.

    Mais, pour l'instant, seuls m'importaient mes pas sur le muret, ma main posée sur l'épaule de Tristan, moi ne me cassant pas la gueule. Mythique. A se demander ce que les paparazzi de la ville foutaient ce soir, pour ne pas venir immortaliser mes délires circassiens. Sans doute ne s'attendaient-ils pas à me voir sortir ce soir. Mais nous ne passions pas indiscrets et je savais bien qu'un ou deux péquenots muni d'un Kodak allait bientôt venir nous faire chier. Juste une question de temps. Mais, pour l'instant, j'avais bien mieux à faire qu'à penser à deux.
    Dix-huit pas. Dix-neuf pas. Vingt pas. Pas encore tombée. Vingt-et-un pas. Vingt-deux...
    - C'pas un lac, c'un ruisseau. T'es trop nul.
    Six pas de plus exactement avant de ne me tourner vers lui et de m'amuser avec ses cheveux, fière de moi. Je ne me rendais pas compte que je le draguais impunément. Et lui non plus, sans doute, ce dont je ne me serais pas plainte. Mieux valait que l'on ne fasse rien de... Regrettable, tant que nous n'avions pas décuver. La soirée allait nous attirer bien trop d'ennuis comme ça pour en plus nous rapprocher plus encore, franchissant la barrière du simple baiser volé.
    Ouais, ou presque.
    - Nan mais n'importe quoi. Comme si j'pouvais être attirée par un crétin de ton genre. C'pas comme si t'étais beau, intelligent, riche, intéressant, que t'aimais les mêmes choses que moi, que tu me supportais, que tu aimais bien le shopping, que tu cuisinais bien... Franchement, tu racontes que des conneries.
    Ben ouais, tout à fait, quoi.

    Je n'eus pas trop le temps de comprendre le reste des évènements, entre ma chute et le moment où je me retrouvais accrochée à son dos tel un koala. J'entourais son cou de mes bras, sa taille de mes jambes en riant joyeusement, telle l'enfant que j'étais en cet instant. J'avais l'impression de revenir des années en arrière, pire qu'une ado attardée, oubliant tous mes problèmes du moment.
    Ou presque.
    Flash dans les yeux, m'aveuglant alors que je fermais brusquement les paupières. Je m'attendais aux habituelles paroles des paparazzi. « Lexia, Lexia ! Regardez ici ! » Rien ne vint. Froncement de sourcils alors qu'une voix haut perchée se faisait entendre. J'ouvris à nouveau les yeux, profitant du magnifique rectangle blanc dans mon champ de vision causé par le flash, essayant de comprendre ce qu'elle me racontait. Mais elle parlait trop vite, ou alors mon cerveau tournait trop doucement, ne captant que des bribes de paroles. Les paroles de Tristan, par contre, étaient aussi claires que de l'eau de roche après son puissant rire et je ne pus que répondre en fermant le poing et lui frappant la poitrine. Mais cela ne semblait pas le déranger, moins encore l'arrêter dans son débit de conneries. Atterrée, je ne pus que soupirer, laissant tomber la tête, front contre son épaule. Okay, il avait apparemment décidé de détruire ma réputation, et donc ma carrière, en une unique soirée. Cool, parfait, manquait plus que ça.
    - Mais ta gueule...
    Il expédia la conversation avec quelques phrases de plus, m'attirant tout de même quelques ricanements. Diantre, il ne pouvait vraiment pas s'empêcher de critiquer Apollon, celui-là. Et, une fois de plus, je ne pouvais m'empêcher de remarquer qu'il avait raison. L'amour devait vraiment rendre aveugle, en fait. Et ouvrir les yeux était assez violent.
    - Tu sais combien Closer va la payer pour qu'elle répète mot pour mot les conneries que tu viens de débiter ? Putain, j'y crois pas. T'abuses.
    J'attendis d'être dans le taxi pour me passer une main sur le visage, faisant rapidement le point sur la situation. Conclusion globale de cette soirée : j'suis bien dans la merde.

    Dépité, je posais la tête sur la vitre froide et poisseuse du taxi, comatant déjà joyeusement. Mais il me sortait déjà de mes pensées. Merde, ce mec n'avait jamais appris à se taire ? Je fronçais les sourcils, me demandant l'espace d'un instant s'il était sérieux ou non. Apparemment oui. Était-ce cela le pire ? Je commençais à en douter sérieusement.
    - J'aurais préféré crocheter la fenêtre de la cuisine mais comme tu veux.
    Sourire idiot aux lèvres. S'il avait les clés, après tout... Et puis, ce n'était pas comme si j'avais interdiction de retourner là bas. Si les flics débarquaient, un doux sourire et un billet discrètement glissé dans une poignée de mains suffirait à calmer le jeu, au pire.
    M'acharnant à garder les paupières ouvertes, je partageais gentiment une cigarette avec Tristan, un échange de salive de plus entre nous, regardant défiler les rues, les maisons, jusqu'à reconnaître le quartier où j'avais vécu quelques mois à peine. La voiture s'arrêta bientôt devant mon ancienne maison et je retins un soupir de plus. Je ne pensais pas que retourner là me serait d'une grande aide psychologique, mais bon... Avais-je au moins le choix ?
    Je pris les clés, hésitante, levant le regard sur la porte d'entrée. Okay, entrer par effraction quelque part ne faisait pas partie de la longue liste de mon mauvais karma, et je n'avais sans doute pas envie de voir la dite liste s'allonger plus encore. Mais, alors que je levais le regard sur la porte, quelque chose attira mon attention et je ne pus que rire nerveusement.
    - Y'a encore mon nom sur la sonnette.
    Genre « je suis encore chez moi, après tout ». J'ouvrais donc rapidement la porte, laissant passer Tristan avec une courbette théâtrale surjouée, le suivant et fermant la porte derrière nous. Aussitôt, je me dirigeais vers le placard sous l'escalier. Nul Harry Potter à l'intérieur mais un bien plus précieux trésor. Sourire plus large encore à mes lèvres alors que j'ouvrais la boite de carton.
    - Mes Louboutin !
    Je serrais mes escarpins contre moi, heureuse de retrouver enfin mes sacro-saintes chaussures, même si j'en avais encore une cinquantaine de paires chez moi. Mais c'était mes Louboutin ! Je les remis donc dans leur boite, la gardant sous mon bras, osant à peine imaginer les quantités de vêtements, chaussures et accessoires en tous genres qui devaient encore être ici. Mais la flemme de chercher après tout cela, en fait.

    Posant la boite devant la porte d'entrée, je me dirigeais ensuite vers la cuisine, vers la porte donnant sur le jardin. Appuyant sur l'interrupteur en passant, bien entendu. La piscine s'illumina bien vite de lumières fantomatiques, donnant à l'endroit une atmosphère étrange. N'hésitant même plus -j'étais chez moi, après tout-, j'enlevais ma robe d'un geste ample, la laissant tomber sur l'un des transats, avant de plonger dans l'eau glaciale.
    Choc thermique contre ma peau alors que je reprenais violemment mes esprits, décuvant ma vodka en quelques secondes. Lorsque ma tête sortit de l'eau, j'avais à nouveau toute ma tête, me faisant violence pour oublier tout et laisser cela au lendemain. Je me contentais donc de rire en faisant la planche, me laissant aller au rythme de l'eau. Puis je retournais au bord, m'accoudant à la terrasse.
    - Oh Tristaaaan. Quand t'auras fini de vider la salle de bain, ramène des serviettes et ton joli p'tit cul ici.
    Nouveau rire de gamine avant de replonger sous l'eau, faisant définitivement le deuil de mon maquillage. Je faisais apparemment le deuil de beaucoup d'autres choses, ce soir, d'ailleurs. Me contentant de quelques brasses, je me laissais bien vite aller au rythme de l'eau, marmonnant je ne savais quelle chanson en attendant que mon compagnon de jeu décide de me rejoindre enfin.

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    « Félicitations tu vas bientôt toucher le fond, c’est bien. » Et alors il s’est passé quelques choses, je me suis laissé aller, dans un total oubli de moi même envahi par la nuit le silence et la plénitude. J’avais trouvé la liberté. Perdre tout espoir, c’était cela la liberté.
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Tristan Warren Faure

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MessageSujet: Re: What are you waiting for ? • Lexia&Tristan   Ven 13 Aoû - 0:45

« Tu sais ce qu’il te dit le crétin dans mon genre hein ? Que tu dis de la merde. » avec un potentiel de réaction quasi normal, j’aurais pu réagir au quart de tour à ces pseudos dénis-révélations pour le moins étranges, mais avec un taux d’alcoolémie comme le mien, je n’avais su que rire bêtement et éluder la question. 1heure du matin, je filai les clés à Lexia avant de sourire et de m’infiltrer à mon tour dans la villa abandonnée d’Apollon qui avait été jusqu’alors notre lieu de résidence à tous les deux. J’allumai la lumière me fichant éperdument qu’on nous trouve ici. Quelqu’un qui ne récupérait pas ses clés et séquestrait les affaires personnelles de ses exs, n’avait aucun droit de venir se plaindre, du moins dans ma version sous emprise d’alcool du code pénal. Lexia se jeta littéralement sur ses escarpins et j’esquissais un sourire en levant les yeux au ciel, heureux tout de même que son goût pour les belles fringues et les chaussures de luxe soit revenus et que le magnifique t-shirt hello kitty qu’elle portait soit rétrogradé au rang de vulgaire pyjama pour phases de dépression massives plus ou moins longue. Sentant l’euphorie me quitter lentement cependant, je soupirai et me dirigeai vers le mini bar du salon ou je dénichai une bouteille de champagne non encore ouverte, une des miennes, une cuvée spéciale qui allait de ce pas ravir mon palais et griller les dernières neurones qu’il me restait. L’ouvrant sans grande peine malgré mon état plus que discutable je la portais à mes lèvres sans prendre la peine de servir une coupe. D’un bref coup d’œil à la baie vitrée, je constatai que Lexia avait allumé la piscine, la suggestion de la baignade lui plaisant donc alors.

Nulle envie de m’attarder en bas, je montai à l’étage et passai la porte de la salle de bain pour dénicher d’un joyeux foutoir l’objet de ma convoitise. Je tenais entre mes mains le magnifique rasoir fushia avec lequel Apollon aurait pu se couper les veines si sa rupture l’avait rendu dépressif et si je n’avais pas tout bonnement décidé de l’emporter. Sourire à l’appui je vidais également la douche de tous mes produits capillaires et ceux de Lexia et emportais au passage parfums et serviettes. La salle de bain sembla d’un coup bien vide et indigne d’intérêt. Rapide passage dans la chambre d’Apollon j’empruntais sans la moindre gène un vieux caleçon de bain pour ne pas salir ma belle chemise. Je me déshabillais et enfilai les fringues de mon ex avant d’emporter un sac entier de produits de beauté au rez de chaussée. Serviettes sous le bras, je les déposai sur un transat et m’adressai à Lexia.

« J’ai récupéré mon gel coiffant, et ton rasoir, ainsi qu’une quantité de produits de beauté qui valent une petite fortune mine de rien. Ne me remercie pas. Attends moi juste.» Je riais et repartais dans la maison pour allumer la chaîne hifi qui diffusa sans se faire attendre de vieux titres d’Aerosmith. Poussant le son à son maximum je me dirigeai vers la baie vitrée qui donnait sur la piscine pour laisser le son se propager à l’extérieur. Dans une rapide halte vers le mini bar je dénichai un nécessaire à cocktail et préparai deux Mojitos, recette pas bien compliquée lorsqu’on a fait ses jobs d’été dans des bars parisiens avant de connaître la consécration pornographique sur internet. Je m’approchai de Lexia et la servais avec application avant de descendre moi même dans l’eau tiède le verre toujours à la main. Avançant vers la brune je déposai mon cocktail sur l’une des margelles a proximité pour essuyer le mascara qui coulait de ses yeux en riant. Je me saisissais de nouveau de mon verre et le fit tinter contre le sien en haussant un sourcil avant d’en boire une gorgée. « J’adore cette baraque, elle va me manquer. » Fis-je en me laissant glisser dans l’eau après avoir préalablement repoussé mon verre plus loin sur le rebord de la piscine. Vague regard vers les étoiles qui criblaient le ciel, je souriais comme un con, étrangement, cela faisait un moment que je n’avais pas passé une soirée aussi parfaite et cela bien malgré les circonstances étranges dans lesquelles nous étions sortis. Je buvais, annihilant toute conscience, riant à gorge déployée pour des broutilles comme aurait pu le faire un gosse, me foutant de tout avec une facilité déconcertante.

« Dis Lex, c’est pas que j’ai peur de finir complètement défoncé en buvant autant agen, mais j’ai faim. Tu crois que ce serait abuser si je lui vidais son frigidaire aussi ? Je ne voudrais pas passer pour un pique assiette. » Chose qui était déjà le cas, de toute évidence. Je lui souriais avant de sortir de l’eau ruisselant. Secouant mes cheveux je me départais de l’eau trop présente qui venait inonder mon dos, coulant le long de ma colonne vertébrale.

Cauchemar en cuisine, c’était presque cela. Aliments périmés et odeurs nauséabondes, il n’était pas facile de dénicher quoi que ce soit de mangeable, si l’on ajoutais à cela que j’étais purement et simplement défoncé. Ayant réussi à cuire des cailles farcies au foie gras complètement saoul, un jour de l’an, je ne doutais cependant pas de mes habilités. Apollon ne survivrait pas à mon départ, c’était évident, il allait s’empoisonner. Dans un geste d’extrême compassion je jetai une bonne partie de ce qui alimentait son frigo à la benne à ordure. Sans me disperser j’enfournai une pizza surgelée au four, pas de la grande cuisine certes mais qui devrait suffire à nous faire tenir la soirée. Revenant près de Lexia je m'asseyais près du bord.

« Pizza, il ne reste que ça, et tu comprends bien que je ne peux pas m’absenter trop longtemps en cuisine, il suffirait d’un malaise et je porterai le drame de ta mort toute ma vie sur ma pauvre conscience, déjà bien amochée tu peux me croire. » Nouveau sourire, j’étais tout de même plus prévenant que je ne le pensais, un point positif j’imagine qui tendait à me faire appliquer quelques principes de sécurité qu’on prodigue aux enfants en règle générale, lorsqu'on possède une piscine. Quinze vulgaires petites minutes plus tard, je coupai une énième fois notre conversation pour faire un tour dans la cuisine et sortir la Pizza du four. Deux assiettes, une parfaite maîtrise de la situation, Ramsay Gordon n'aurait pas fait mieux. Ramenant le plat après l’avoir découpé en petites parts je déposai l’assiette près de la piscine et me servais le premier. Résultat concluent pour du surgelé, je semblais satisfait. Présentant mon bout de pizza à Lexia comme on aurait partagé une cigarette, je lui suggérais d’une voix douce. « Goûte, pas mauvaise pour du surgelé, je dois reconnaître qu’Apollon a du goût en matière d’ex mais aussi en matière de pizza à congeler. »
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Lexia M. Henley
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MessageSujet: Re: What are you waiting for ? • Lexia&Tristan   Ven 13 Aoû - 17:17

    Je n'arrivais à comprendre comment j'avais pu, en quelques heures à peine, me retrouver à barboter dans la piscine de mon ex en sous-vêtements, comme s'il s'agissait là de la chose la plus naturelle au monde. Je me laissais aller dans l'eau, n'ayant cure des conséquences de mes actes. Quelque chose me disait, en plus, qu'Apollon ne serait jamais au courant de notre excursion improvisée. Il conclurait sans doute que j'étais revenue chercher mes dernières affaires, mettant définitivement une croix sur tout ce qui nous liait l'un à l'autre, après m'être assurée que la maison était désertée. Faire la conne dans la piscine avec son ex qui avait était entre autres la raison de notre rupture ? Il n'aurait pu s'en douter une seule seconde, bien entendu. C'était génial, dans un sens.
    Quelques brasses de plus avant que Tristan ne débarque à son tour dans le jardin. J'esquissais un rire en voyant le large sac qu'il transportait, plein à craquer de produits de beauté en tous genres. Nous avions une petite fortune là dedans, n'achetant que des produits de grande marque pour peaux et cheveux. De quoi faire pâlir de jalousie n'importe quelle fille prenant un tant soit peu soin de sa peau, à n'en pas douter. Il posa le tout à côté du cadavre de ma robe, ainsi que les précieuses serviettes demandées, avant de ne retourner à l'intérieur.
    Nouveau rire en entendant les rifts de guitare d'Aerosmith en provenance du salon, plus encore en voyant la lumière des voisins s'allumer. Pour la discrétion, c'était un peu raté, tout de même. Et cela ne m'étonnait même pas de lui.

    Fredonnant les paroles que je ne connaissais que trop bien pour les écouter en passant l'aspirateur -damn, pas de femme de ménage dans cette maison, je n'en revenais toujours pas-, je continuais de barboter gentiment dans l'eau. Ne me manquait que la bouée. Mais mon français eut meilleure idée encore, se ramenant dans le jardin avec un cocktail dans chaque main. Je savais qu'il valait mieux que j'évite de continuer à boire, mais ce n'était que bien trop tentant tout de même.
    Je le remerciais d'un sourire en prenant le verre, attendant qu'il soit lui aussi dans l'eau pour en boire une légère gorgée. Si j'y allais doucement, peut être que l'alcool n'aurait pas le temps de faire effet. Naïve pensée. Déjà, je riais comme une enfant alors qu'il passait ses pouces sous mes yeux pour en enlever le mascara coulant. Oui, mieux valait penser que j'agissais comme une gamine de quatorze ans sous l'effet de l'alcool qu'autre chose.
    - La piscine va me manquer... répondis-je dans un sourire.
    Il était vrai que de retourner vivre avec mon père m'était assez étrange, maintenant que je m'étais habituée à cette maison et à ses étranges habitants. Cette petite vie pleine de rebondissements allait me manquer, en quelque sorte, même si je ne regrettais pas tant que cela de retourner dans la maison de mon enfance. Mais devoir troquer nos séances Hugh Grant avec Tristan contre les Bones de mon père... C'était assez difficile, je devais bien l'admettre.

    Plongée dans mes pensées, bercée par les rires inutiles de mon compagnon d'un soir, je portais parfois le verre à mes lèvres. Je fus sortie de mes songes par sa voix, retombant sur terre en secouant légèrement la tête pour me remettre les idées en place, avant de n'avoir un sourire amusé de plus aux lèvres. Vider le frigo ? Pourquoi pas, après tout. Apollon ne se rendrait sans doute même pas compte de cela en rentrant chez lui. Il n'était pas vraiment du genre à ouvrir lui-même le frigidaire pour se faire à manger, après tout. Les traiteurs du coin devaient d'ailleurs se frotter les mains de savoir qu'ils allaient le nourrir midis et soirs pour les jours à venir.
    - Ramène-moi quelque chose, tu ne m'as pas laissé l'occasion de manger ce soir...
    Comme pour confirmer mes dires, mon ventre se mit à gendre doucement, désespérément vide. Je soupirais alors que Tristan ressortait déjà de l'eau, bien décidé à s'improviser Cyrille Lignac pour la soirée. Alors qu'il se dirigeait vers la cuisine, je ne pus m'empêcher de le suivre du regard, me mordillant la lèvre en suivant le chemin de l'eau le long de son dos, puis de me ressaisir. Non, mauvaise idée. Je secouais la tête avant de m'enfoncer dans l'eau pour tenter vainement de me remettre les idées en place. Tout se mélangeait dans ma tête, entre ce fichu rêve et la réalité, n'arrivant plus à distinguer le vrai du faux, les fantasmes des faits. Problème, grave problème.
    Il fallait que je relativise. Il était l'ex de mon ex, la source de tous mes problèmes -en quelque sorte-. Il était arrogant, chiant, moqueur et totalement insupportable. Une version masculine de moi, en quelque sorte. Impossible à vivre. Une version masculine, nouvellement hétéro et terriblement agréable à regarder de moi. Merde. Essaie encore, Lexia.
    Je finis par ressortir la tête de l'eau pour prendre une grande inspiration, pensées toujours aussi confuses en tête. Pourquoi tout devait toujours être complexe avec moi ? J'allais finir par m'enfermer dans une cabane au fin fond de l'Alaska pour être tranquille, sans aucune relation sociale sur laquelle m'arracher les cheveux. Il revint alors, m'annonçant le repas du jour. Pizza. Je grimaçais légèrement, peu enthousiaste à l'idée et surtout bien plus habituée aux mets raffinés auxquels j'avais droit habituellement.
    - Tu auras mon intoxication alimentaire sur la conscience, comme ça.

    Déjà, il repartait, revenant quelques minutes après sur ses pas, assiettes en mains. Maitrise totale de la situation qui me fit sourire, alors qu'il posait les plats de notre repas improvisé à même le sol. Je n'eus guère le temps de sortir de la piscine pour me joindre à lui qu'il me présentait déjà la part dans laquelle il venait de croquer, m'intimant à en faire de même. J'hésitais, avant de me souvenir que nous avions déjà échangé bien plus de salive que cela, arrachant un petit bout, mâchonnant doucement. Pas mauvais ? Mouais, tout était relatif.
    - Il a bien meilleur goût en matière d'ex que de bouffe, tu peux me croire.
    Ne cherchant pas moi-même à savoir si je parlais de moi ou de lui, je décidai d'enfin sortir de l'eau, m'appuyant sur le bord pour me hisser. Aussitôt, je me précipitai vers les serviette pour m'en envelopper. Je n'étais pas ce genre de fille à être pudique au point de cacher le moindre centimètre de peau mais mon ventre était toujours bien amoché, les fils ayant servit à me recoudre toujours pas tombés. En gros, pas beau à voir du tout. Et je ne souhaitais nullement que d'autres que moi voient le massacre que l'explosion avait créé sur mon corps.

    Retournant à ses côtés, je m'assis de façon à avoir les pieds dans l'eau, prenant tout de même une part de pizza. Je mourrais de faim, j'allais bien survivre à aussi infecte repas, après tout. Léger silence alors que nous remplissions nos estomacs, que je finis par briser.
    - Comment t'as fait pour finir acteur ? Je veux dire... C'est pas le genre de vocation qu'on a quand on est petits. Enfin, si, mais pas ce genre de film, quoi...

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    « Félicitations tu vas bientôt toucher le fond, c’est bien. » Et alors il s’est passé quelques choses, je me suis laissé aller, dans un total oubli de moi même envahi par la nuit le silence et la plénitude. J’avais trouvé la liberté. Perdre tout espoir, c’était cela la liberté.
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Tristan Warren Faure

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MessageSujet: Re: What are you waiting for ? • Lexia&Tristan   Dim 29 Aoû - 19:20

Moi aussi la piscine me manquerait et pourtant j’allais devoir faire avec, ne doutant pas qu’en revenant, le dit Apollon me condamnerait l’accès. La vie était parfois bien triste et j’allais devoir me satisfaire du spa de l’hôtel et de toutes ces minettes qui le criblaient à moitié habillées, un drame personnel à n’en pas douter. Après un vague coup d’œil vers le ciel, je laissais un sourire orner mes lèvres avant de poser mon regard sur Lexia. « A moi aussi elle va me manquer, rien que pour les petites fêtes que j’ai donné dedans, cette piscine a une valeur sentimentale pour moi, une sorte de symbolisation de ma vie dublinoise. Haha. » Et quelle symbolisation, débauche, plans foireux et comportement loin de l’adulte, je ne donnais pas la meilleure image possible des petits frenchies lost in Dublin. Pour commencer je nageais dans une piscine qui n’était pas la mienne avec l’ex de mon ex à qui appartenait justement la piscine. Vidant le frigo je ne faisait pas vraiment dans la dentelle, tout en prenant le temps de faire attention aux dates de péremption, ce qui relevait de l’exploit aux vues de mon fort taux d’alcoolémie. Et elle se permet de critiquer, les femmes. Je lui tirais la langue avant de répliquer d’un ton foncièrement indifférent.

« Moi t’intoxiquer ? Mais quelle nunuche, j’y crois pas. Mange. »

Fis-je d’une voix qui ne semblait pas souffrir une réplique de sa part, non sans me défaire d’un petit sourire en coin qui montrait clairement mon attrait pour la plaisanterie. Assis sur le bord de la piscine, je laissais ma main effleurer l’eau d’un air distrait avant d’ajouter. « C’est moi qui t’ai mal habitué, zut alors. Qu’est ce que tu aurais fait sans moi hein ? Apollon c’est pas un as de la cuisine et le traiteur chinois d’en face on s’en lasse vite. » Et la conversation dériva une nouvelle fois sur notre musicien raté à tous les deux, cette fois on ne parlait pas de ses aptitudes musicales, mais bien de son goût en matière de bouffe. Les pizza surgelées n’étant pas du goût de Mademoiselle Henley, je riais intérieurement de les imaginer, cheveux grisonnants à se disputer sur un temps de cuisson, Lexia geignant à propos de la qualité merdique de la nourriture. Bien meilleur goûts en matière d’ex c’était indéniable en revanche. Qu’elle parle d’elle ou de moi, il était statistiquement prouvé que nous avions ce qu’on appelle la cote avec auprès des autres énergumènes de notre espèce. Ultime différence ? Je ratissais un terrain beaucoup plus large, sachant m’intéresser aussi bien aux hommes qu’aux femmes. Il y avait du bon dans les deux dira-on même si depuis Apollon j’avais quelques doutes sur ma bisexualité. Je l’éclaboussais alors qu’elle m’interrogeais sur ma carrière.

Ah Ah, pourquoi devenir Pornstar ? Bonne question. Il fallait dire que ça ouvrait pas mal de portes. Mon rêve n’avait bien évidemment pas été de faire le malin dans des films porno comme un gros nympho à la sexualité douteuse, mais bien à la base de me lancer dans le mannequinât, et ce n’était pas aussi facile que je me l’imaginais en parcourant les pages en papier glacé de magasines comme vogue. La dictature du sexe était omniprésente et pour se faire un nom il fallait parfois recourir à des pratiques plus audacieuses. Je n’avais jamais été quelqu’un qui s’apitoyait sur son sort, alors j’avais décidé d’exploiter le système et ne pas donner trop d’importance au côté malsain de mon job. Apollon lui, n’avait absolument rien compris au business, et m’avait traité pire qu’une prostitué. Sa jalousie était probablement justifiée à l’époque, mais égoïstement, je n’avais pas cherché à le retenir, me tenant à mon projet quitte à le regretter parfois. Célébrité acquise je n’avais plus tellement de chemin à parcourir pour obtenir ce que je voulais, il ne me manquait plus qu’un peu de cran, le cran de tenter sans avoir peur d’un nouvel échec.

« T’as vraiment envie de savoir ? » Fis-je pour éluder un sourire se formant autour de mes lèvres. Je me saisissais d’une serviette et l’entourais autour de mes épaules. L’air à l’extérieur commençait à baisser et ma peau refroidie par l’eau à me donner des frissons. Complètement ailleurs je souriais dans le vide avant de repousser l’assiette de pizza plus loin dans l’herbe. Un vague regard à ma montre. Il est près de 4heures du matin.

« J’crois qu’on devrait y aller il est tard. Je te raccompagne, ou je risque de me faire tirer dessus par ton père, pour ne pas avoir respecté ta permission de minuit ? » Fis-je un brin moqueur. « Pas que j’veuille écourter ton barbotage, mais tu vas attraper la mort et demain j’ai rendez-vous. » J’hausse les sourcil, puis éclate de rire. Je n’avais jamais aimé la solitude, mais je plaignais tout de même cette fille qui allait devoir supporter mes lubies le temps d’une journée, d’une nuit peut être pour qu’enfin je me lasse considérablement du côté niais twilightien qui me rappelait vaguement ma relation avec Apollon, quel triste souvenirs, voilà qui m’avait traumatisé pour la fin de mes pauvres jours. Je lui tendais la main pour qu’elle se lève avant de lui déposer ma serviette sur ses épaules et de m’éclipser enfiler ma chemise et un jean. « Promet moi une chose. » Je m’arrête solennel, comme dans un mauvais film. « Plus de t-shirt hello kitty avant 23h30, sauf exceptions. » Je laissais passer un rire avant de replacer l’un de ses mèches dégoulinantes.

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